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l'Aide, c'est notre affaire à Tous Sommaire / Descriptif / Les fiches DPH |
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A: Autonomie |
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Maîtriser l'aide pour arriver à nous en passer Du projet à la convention de partenariat Appui aux Organisations Paysannes Débutantes
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Une fois que l'argent de l'aide est là, comment ne pas oublier qu'il ne durera pas ? Comment bien lier entre elles les ressources du groupe et les contributions du donateur ? Thèmes Note : En
italiques : extraits d'interviews
Obtenir un bon équilibre entre ressources propres et aide extérieure " Tout projet qui dit attendre des aides pour démarrer est un mauvais projet, de même que toute aide qui déclare susciter un projet qui nexiste pas est une mauvaise aide " Didier Burgun Des opinions Le schéma dune première phase où laide joue un rôle central puis dune seconde dite " dappropriation*", où les ressources propres prennent le relais, annonce un échec presque certain, mais il est si commode quil reste habituel. David Naudet Un projet daide, sil se veut participatif, cest à dire faisant appel à une participation financière des bénéficiaires, ne devrait pas apporter une part de ressources très importante, disproportionnée par rapport au capital propre obtenu sous forme par les cotisations des membres. GRAD Le financement d'un minimum de frais administratifs aux OP, pour chaque projet ou programme appuyé, devrait être systématique. En l'absence de telles ressources, les OP ont du mal à financer leur fonctionnement et courent aux "Per Diem"*. Marc Totte Une expérience Pendant plusieurs années les gens de Bissi (Tchad) ont travaillé pour garantir leur sécurité alimentaire par leur propre production et par le stockage de leur propre céréales, pour aider tout le monde à se nourrir. Et puis plus tard, une ONG " Terre des hommes France " a coopéré pendant plusieurs années avec lOP de Bissi. Désormais on ne travaille plus avec eux parce quils ont dit : "Maintenant, vous êtes arrivés à une autonomie suffisante et nous pouvons aller ailleurs ". Et là aussi, nous avons été daccord avec Terre des hommes. Ils nous avaient aidé pour lorganisation de Bissi à mettre en place des bâtiments pour le stockage. Parce quon a dit : " Pour garantir un stockage de longue durée, il faut quand même des lieux de stockage assez conséquents, propres, et en dur pour éviter des dégâts". Pierre M. Pazimi Des questions Est-ce que notre "participation" a tendance à devenir de plus en plus forte ou le contraire ? De quels types d'appui technique et de formation notre OP a-t-elle besoin pour trouver le bon équilibre entre ressources propres et aide extérieure ?
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Faire évoluer à deux (OP et OA) les formes d'aide
"La main qui donne doit, elle aussi, veiller à l'autonomie de la main qui reçoit". GRAD Des opinions Construire lautonomie financière dune activité, cest ne plus lui accorder de dons une fois quelle a été correctement mise en route. En réalité, il est probable que linsuffisance des ressources financières propres continuera au-delà de cette limite. En prévoyant la fin de laide financière par dons, les partenaires sobligent à trouver des solutions à lautofinancement permanent de lactivité. Par exemple, un projet de construction décoles en milieu rural saccompagne souvent dun projet de formation des maîtres. Mais ce nest pas suffisant. Il est utile de le compléter par un projet de mise en valeur de la surface agricole nécessaire pour couvrir les frais de fonctionnement de chaque école, et par un volet de constitution dune caisse d'épargne entre les parents délèves pour les frais de scolarité. Cette construction nest possible que sil y a, des deux cotés, assez de lucidité et de détermination pour limiter à la fois la durée et le volume de l'aide et pour en faire évoluer les formes (dons, apports en capital, crédit, etc.). M.C. Gueneau et B. Lecomte " La base fondamentale pour une progression vers lautonomie, cest le crédit. Cependant, les OP débutantes peuvent faire des projets à caractère semi-social, aidés par une subvention, et progressivement changer les formes d'aide* reçues pour construire leur non-dépendance. " Sara Diouf Une expérience Une aide alimentaire en vivres de soudure a été réorientée en appui durable à long terme au Sénégal. Une participation financière a été demandée à la population (55 F/kg de riz contre 210 F au prix du marché) et lorganisation de la distribution na souffert daucun détournement. Largent récolté a servi à créer une banque de semences améliorées (variétés de mil à cycle court). Le différentiel de prix entre le rachat de la semence au producteur et sa revente sur le marché permet de reconstituer le fonds chaque année. (Marc Totté) Des questions Est-ce que notre OP a su saisir les occasions pour négocier avec les bailleurs de fonds d'autres formes de financement ? Comment préserver la motivation des membres de notre OP si les formes de financement de nos activités évoluent ?
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"Les ressources propres et l'autonomie de l'association JIG-JAM" (Sénégal) Sara Diouf, Secrétaire Général de l'association paysanne Jig-Jam au Sénégal, témoigne : "Les ressources propres sont celles qui ne sont pas financées par un partenaire mais qui sont générées par des activités que l'association mène. Ou bien qui sont mobilisées à partir de la participation des membres. Ce sont ces ressources propres qui nous permettent, parce que c'est très souple, de financer des actions et même des initiatives nouvelles. Par exemple, la création du"Réseau pour l'environnement"est une initiative nouvelle et pour financer cela, nous sommes partis de nos propres ressources. Chaque année, Jig-Jam mobilise au moins 4.000.000 FCFA par les cotisations des membres. Les membres doivent donner, pour un an, 1.000 FCFA. A 4.000 membres, cela fait 4 millions. Ensuite, les activités que nous avons eu à initier, avec les aides et avec notre argent propre, sont des activités génératrices de revenus. Et quand nous prêtons cet argent aux membres, cela génère des intérêts que les membres doivent retourner à leur groupement. Ainsi, il y a de l'argent qui revient à l'association. Nous sommes capables de mener beaucoup d'actions par nos ressources propres, nous sommes d'ailleurs en train de les mener, mais il faut également que nous fassions appel à l'aide pour pouvoir être plus efficaces. Il y a des actions qui demandent beaucoup de moyens que nous n'arrivons pas à rassembler. Donc, compte rendu de tout cela, pour être vraiment plus pertinent, nous espérons pouvoir associer les deux : aide et ressources propres. A travers les programmes que nous sommes en train d'exécuter, il est prévu des"participations"pour toutes les actions. Pour toute activité il y a des participations des bénéficiaires de 10% du coût au minimum. Surtout pour les actions qui génèrent des revenus. Pour celles-ci, nous prêtons et chaque année, cet argent remboursé fait un très bon pourcentage par rapport à l'aide qui arrive. A un moment donné, on peut dire ce qu'on a mis"en plus"de l'aide, car si les activités sont réalisées, les prévisions sont également réalisées puisque la participation est obligatoire. Après l'évaluation de chaque programme, on arrive à estimer ainsi notre participation annuelle. Par le suivi, on sait à chaque fois ce que nous avons dû prendre sur nos ressources propres pour telle activité. Se passer de l'aide extérieure en ayant suffisamment de ressources propres, aujourd'hui nulle association n'en est là. Une organisation a toujours besoin d'un quelconque appui, que ce soit financier ou technique. Même si nous avons seulement besoin d'un appui technique, il faut parfois de l'argent pour le rendre opérationnel. Sera-t-il possible, à un moment donné, d'avoir suffisamment de ressources propres qui nous permettraient de nous financer, de financer nos actions et l'achat de services ? C'est une question. Je pense que c'est un de nos objectifs mais ce n'est pas pour demain ! Mais quelques années après, on doit normalement avoir suffisamment pour financer au moins les 60-70 % des dépenses de nos actions et essayer, avec la participation de partenaires de compléter cela. C'est ce qui nous a motivé à faire de nouveaux "montages*": des crédits de 6 ans aux groupements. Nous avions, durant le premier programme, constaté qu'après le financement, après avoir donné l'argent aux groupements, des problèmes sont apparus. Nous nous sommes alors posé des questions :"Si on continue comme cela, à un moment donné, est-ce que ces mêmes groupements, devenus forts, partiront ? Alors l'association se casserait la gueule !"Nous avons donc essayé de faire un montage qui lie le groupement financé à l'association pendant toute la durée du remboursement du prêt, et au moins 6 ans. Pour permettre aussi, après que le groupement ait payé sa dette, d'épauler d'autres groupements. Nous avons fait nos calculs; nous pensons que d'ici 8 ans, même si nous n'avons plus de financements qui nous viennent d'ailleurs, ces remboursements-là nous donneront quelque chose (de suffisant pour poursuivre)." (Extrait
d'une interview de M. Sara Diouf, par Benoît Lecomte, décembre
1997, Fiche 90) Retour
Faire croître, en partie grâce à l'aide, les deux types de ressources propres
"Analyser et prévoir pour chaque activité le moment où l'OP pourra se passer d'aide". Marc Totte Un constat Au lieu de continuer la main tendue auprès des bailleurs de fonds, il faut créer des sources de financement au niveau local. Elles sont possibles et nombreuses. La difficulté est de cautionner les prêts au niveau des banques. Laide extérieure doit surtout encourager les initiatives dentreprise des associations. Par exemple, laction de commercialisation avec les camions de notre association est une réussite. Les actions économiques permettent le remboursement des crédits. Les cautionnements, cela permet les prêts individuels. Chaque année, il y a de nouvelles actions. Tamba Yancouba Une expérience Il y a deux niveaux d'activités génératrices de revenus, à l'OP de Bissi Mafou (Tchad) : a) au niveau des membres : lOP a beaucoup développé les activités génératrices de revenus, surtout pour les femmes, le petit élevage, le petit commerce, lécole, le stockage de céréales pour les vendre à des moments propices. Les femmes font beaucoup et lOP a aidé les femmes à mettre tout cela en place. b) au niveau de lorganisation paysanne ; par exemple, les achats de tourteaux de coton pour lalimentation du bétail et la fertilisation des sols ; lOP en achète des milliers de sacs de tourteaux par an, qui sont donnés à crédit aux membres, pour nourrir le bétail et fertiliser les sols. Ils ont aussi mis en place un atelier de réparation des outils agricoles qui permet aux membres de réparer les charrues, les charrettes, fabriquer les pièces de rechange, ce qui permet à lOP de faire de petits bénéfices. Pierre M. Pazimi Des pistes pour organiser l'autonomie Exemple de tableau de prévision (de type MARP1) proposé par Marc Totté
Note : Les questions sont posées à différents groupes séparés Hommes/Femmes ; Jeunes/Vieux. On peut y ajouter une distinction importante : Aide "financière" ou Aide "technique". (1) Méthode Assistée de Recherche Participative
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Trouver d'autres chemins que celui de l'aide "Ce sont les activités économiques qui font prendre la relève de l'aide. Et si les activités sociales mangent les résultats du groupe, celui-là mettre du temps à se prendre en charge". Mariam Maïga Des opinions Beaucoup dOA établissent une relation exclusive* avec leurs partenaires. Elles ne les mettent pas en relation avec les acteurs économiques classiques tels que les banques, les entreprises, etc. Elles placent ainsi les OP dans un isolement institutionnel* qui les coupent des services existants hors du système daide*. GRAD " Les relations exclusives dune OP avec un seul partenaire. Lautonomie est au contraire renforcée à travers des relations quelle entretient avec lensemble des partenaires de la filière* de production agricole (chercheurs, agents de vulgarisation, organismes de crédit agricole, distributeurs dintrants). Les échanges dexpériences entre différentes OP devraient être encouragés par lorganisation de visites. " Jean Nya Ngatchou C'est intéressant aussi pour celui qui aide de dire, dès le début : "Au bout de trois ans, on sarrête pour voir si les résultats qui sont là nous permettront de continuer". Cela responsabilise tout le monde et les gens vont chercher des résultats meilleurs. Autant avertir les gens et qu'ils sachent quun jour il peut y avoir rupture. Mariam Maïga Des pistes pour l'action Il peut être intéressant de construire ensemble, en début de partenariat, un tableau de toutes les activités (économiques ou sociales). Puis, pour chacune d'elle, prévoir les institutions financières que l'on pense pouvoir intéresser. Enfin préciser ce qui pourrait être du don, du crédit ou être totalement financé par le bénéficiaire. Marc Totte
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