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AF: Aide aux femmes |
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Quand les femmes gèrent elles-mêmes laide reçue, elles arrivent à bien combiner leur épargne collective, leurs apports personnels et les compléments (subventions et surtout crédit) venus de laide extérieure. La crainte de beaucoup dentre elles est de voir les hommes et des organisations intermédiaires gérer à leur place. Thèmes
: Mots-clés
DPH:
Comment
commencer, en groupe, à épargner et à agir sans aide
Lexpérience de lun des groupements de lassociation Jig Jam (Sénégal) : Le groupement existe depuis 1984. Il y a 65 membres dans notre groupement, seulement des femmes. Comme activités, nous faisons le petit commerce, la transformation des produits, la bergerie des chèvres et moutons, lembouche et on a même fait une banque de céréales. Tout cela est fait sur les fonds propres du groupement, avec les cotisations mensuelles de 125 FCFA (1,25 FF). Sur cette somme, 100 FCFA sont pour la caisse du groupement et 25 FCFA pour la caisse de solidarité et de maladie. Avec la caisse du groupement, on fait des crédits. Avant cétait des crédits dun an mais maintenant on fait des crédits de 6 mois. Ces crédits de 6 mois cest pour le petit commerce et lembouche ; pour la bergerie cest un an. Ce ne sont pas de gros crédits, cela va de 15.000 FCFA à 30.000 FCFA. Le remboursement est toujours de 100%. Les intérêts sont de 15%. Cest mieux de pouvoir prendre chacune un crédit pour soi, parce quen travaillant pour toi, tu peux avoir ce que tu veux et satisfaire ton intérêt personnel et le groupement a aussi son intérêt par ton remboursement. Avec des activités comme le petit commerce ou la bergerie, nous ne pouvons pas travailler en collectif. Jig Jam ne fait plus de subventions*. Cest fini parce quà chaque fois quon donne une subvention à un groupement il ne travaille pas. Alors que si cest un crédit*, elles se débrouillent pour travailler, rembourser le crédit et avoir quelque chose pour continuer lactivité. Je suis contre la subvention. Je veux quà chaque fois quune ONG donne de largent ce soit un crédit. Cela oblige les femmes à faire un effort de travail alors quavec une subvention elles ne se débrouillent pas. Sadaga Dieng " Si elles ont déjà leurs propres activités, financées à partir de leurs propres moyens, elles sauront comment gérer laide ". Mama Gueye Ce quen disent divers noyaux de réflexion : La subvention vient pour compléter ce que les femmes ne peuvent pas faire elles-mêmes. Mais la subvention tue lautopromotion. Ne pas donner des subventions pour des activités qui génèrent les revenus mais un crédit pour inciter les femmes à plus de travail. Sur 100% on peut leur subventionner 10 ou 20%, ou faire un crédit sans intérêt dont le remboursement va ensuite servir à dautres femmes sur place. APCD Ne pas financer au-delà de leurs forces. Financer la femme selon sa capacité de gérer. Noyau Léré Ne pas dépasser leur habitude de se débrouiller. Donner de laide au groupement qui a déjà ses activités et son épargne et lui, il prête aux membres. Noyau Agoulon Façon de faire, conseillée par une présidente dOP : Le partenaire qui désire aider doit tenir compte de la structure appuyée et surtout de la compétence de ses membres. Il peut y avoir une structure très grande qui ne peut rien gérer parce que ses membres sont incompétents. Et il peut y avoir une structure moyenne qui peut gérer des millions sans problème parce que ses membres sont capables de gérer. Pour mesurer cela, il lui faut venir sur le terrain, faire des enquêtes, discuter avec le bureau exécutif et puis discuter avec les membres et leur poser des questions, pour se rendre compte de leur capacité de gestion. Mama Guèye Retour
Comment
transformer laide reçue en crédits pour les groupements ?
Mama Gueye, présidente de lUnion des Groupements Associés du Niombato (Kaolack, Sénégal), explique ceci : Mon conseil à un groupement de femmes qui na jamais eu dappui, cest vraiment de passer par la voie que jai suivie pour mon propre groupement. Dabord se constituer, former un bureau, essayer de voir ce quon peut faire soi-même avant daller solliciter une aide. Le groupement doit dabord faire des activités pour avoir ses propres moyens avant de demander des aides. Parce que si elles démarrent avec des aides, elles ne sauront pas comment gérer. Alors que si elles ont déjà leurs propres activités, leurs propres moyens, elles sauront gérer laide. Ensuite, pour avoir un appui, le groupement doit avoir un récépissé, un siège social, un règlement intérieur et il faut aussi déterminer les conditions dadhésion des membres. Il faut dabord avoir lhabitude de cotiser pour avoir des fonds propres et ainsi le groupement a chaque mois de largent. Dans mon groupement, quand nous avons démarré, on faisait une cotisation de 6.000 FCFA (6 FF) par mois. On était 20 personnes. On prend 20.000 FCFA pour les verser dans notre caisse et pour les 100.000 FCFA on fait un tirage pour 4 personnes qui vont bénéficier de cet argent pour travailler avec. Au troisième mois, tu rapportes largent quon ta prêté avec 1.500 FCFA dintérêt. Cet intérêt est versé dans la caisse et on te donne les 25.000 FCFA. Actuellement on a plus de 300.000 FCFA dans la caisse, sans avoir eu aucune aide. Cest pour cela que je dis quil faut toujours commencer par avoir des fonds propres avant de partir à la recherche de partenaires. Au niveau de lUnion, nous avons reçu une subvention de 600.000 FCFA pour le maraîchage ; cétait une partenaire femme. On a ciblé des villages qui pratiquaient le maraîchage et on leur a dit : " Chaque groupement qui est daccord pour verser 10.000 FCFA dans le compte de lunion a droit à 30.000 FCFA ". Cétait une participation. On a demandé à ceux qui ont accepté de nous expliquer précisément ce quils avaient comme besoin jusquà 30.000 FCFA, et on a acheté les intrants pour les remettre au groupement. Parfois, si tu donnes largent au groupement, il fait autre chose avec les fonds ou bien il achète des intrants qui ne valent rien. Cest pourquoi on ne leur donne pas dargent liquide. Ceux qui avaient été daccord pour participer avec 10.000 FCFA, ils ont eu 30.000 FCFA. Quand tu récoltes, tu rembourses les 30.000 FCFA. Quand tu as remboursé, on te donne encore un crédit pour la deuxième année, mais cette fois tu ne verses rien parce quon a confiance. Cela circule entre les groupements. Et cela nous permet deffectuer beaucoup dactivités. (Propos recueillis par Séverine Benoit, à Kaolack, en février 2001 - Fiche 474) Dautres façons de faire Placer des fonds à la disposition des femmes avec une gestion autonome. Khady Sene Donner un capital* pour que les femmes puissent, sur des compétences qui sont les leurs, mener leurs activités dune manière autonome et durable. Ramata Sawadogo Retour
Comment
faire pour que chaque femme gère elle-même laide reçue ?
" Vous ne pouvez pas responsabiliser quelquun sil ne comprend pas et, pour comprendre la gestion, il faut quil gère lui-même ". Mariam Maïga Pour mettre largent à la disposition des femmes : Les femmes du groupement ont décidé de décortiquer à la main le mil pour dautres. Elles ont gagné un peu avec cela, puis elles se sont fait des prêts entre elles. Leurs remboursements ont permis de démarrer les activités économiques. Cest seulement à ce moment-là quelles ont cherché de laide. Au départ, elles apportent une part et laide apporte trois parts. Elles travaillent avec les quatre parts. Au bout dun an, elles remboursent un tiers et la deuxième année un deuxième tiers et ainsi de suite. Année après année, le groupement reconstitue le fond de départ. On favorise aussi la responsabilisation par le travail au niveau dune zone. Par exemple, une machine à décortiquer le mil a été remise à un comité. Une présidente, une trésorière et une secrétaire assurent, pour la zone, la gestion totale de cette décortiqueuse. Celui qui soccupe de la décortiqueuse a été embauché par les femmes. Nous, le GRAIF, ne faisons que suivre* et appuyer par de la formation (technique et de gestion). Josephine Ndione
Le crédit de l'ONG s'obtient en groupement et non de façon individuelle. La technique de la tontine a ouvert la voie à l'organisation des femmes en groupement. Elles s'aident par des prêts individuels provenant de cette tontine. Le remboursement à l'ONG devait être fait en 6 mois, mais ça devenait un peu difficile. Alors, les femmes remboursent en deux tranches tous les trois mois, avec un intérêt provenant de la première tranche qui servira d'épargne. Noyau d'Agoulon Pour que les femmes rendent compte elles-mêmes au donateur : Quand jai fini le projet financé par Delémont (Suisse), jai assis tout le groupe des femmes avec leur comité ; les hommes aussi étaient là puisque cest eux qui ont construit le centre nutritionnel. Et puis, on a procédé aux comptes : " les tôles-là, vous les avez achetées combien ? ". On a fait toute la liste, on a écrit. Et puis, on a calculé ce qui restait. Au départ, on avait un million et quelques et maintenant, il reste 120.000 FCFA (1200 FF). " Quest-ce que vous allez faire avec ces 120.000 FCFA ? Réfléchissez et puis vous me direz ce que vous allez faire ". On a arrêté les comptes, on a joint une lettre, on a envoyé à Delémont. Et la population a pris les 120.000, les gens ont signé le budget prévu et puis cest fini. Si vous ne faites pas ça, les gens vont croire que cest vous qui avez largent, et vous êtes embêtée tout le temps ou bien on vient chez vous, on vous dérange. Non, quand je finis un programme, je mets les bénéficiaires en face et puis on compte ensemble. Mariam Maïga Surtout, toujours rechercher la transparence : Informer les femmes du montant de laide tout en précisant éventuellement le montant des frais de suivi de lintermédiaire pour éviter tout conflit. Ceci est transparent car les bénéficiaires connaissent le montant et les intermédiaires ne peuvent pas y prélever : cela limite les tentatives de malversations financières des deux partenaires. Les intermédiaires peuvent recevoir les virements et mettre largent à la disposition des femmes tout en surveillant les modalités de financement de laide. APCD Retour
Faut-il
que chaque groupement de femmes soit directement en contact avec
le bailleur de fonds ?
" Nous ne voulons pas être " sous couvert" ". Alimata Souare Celles qui veulent éliminer les intermédiaires disent ceci : La fondatrice dune association féminine sénégalaise : Moi je voudrais que laide extérieure vienne directement aux associations. Pour les femmes, nous avons beaucoup de projets qui sont passés et qui ont échoué. Si cela vient directement à nous, on saura comment gérer. Nous les femmes, nous ne voulons pas être " sous couvert ", nous voulons aller directement avec les bailleurs de fonds, discuter avec eux. Si cest des crédits, nous signons notre crédit, nous savons que nous avons des crédits de tant de millions, directement aux femmes. Si cest une subvention, toutes les femmes se rencontrent, la subvention est là, toutes les femmes vont savoir que maintenant nous travaillons directement. Alimata Souaré Une responsable paysanne nigérienne : Laide sera utile si les bailleurs de fonds ne mettent aucune entrave entre eux et les bénéficiaires que sont ces femmes. Aller vers les femmes, recenser leurs problèmes, demander leurs besoins et mettre cette aide à la disposition de ces bénéficiaires, sans aucun intermédiaire entre les bailleurs et les femmes bénéficiaires. Fatoumata Inoussa Lors dune rencontre : " Bien quil y ait des programmes destinés aux femmes, il y a toujours des intermédiaires, et souvent ils ne facilitent pas la participation des femmes dans le développement de ce programme. Il se pose aujourdhui le problème de la récupération de cette place par la femme ; il faut que la femme aide la femme. " Rencontre AGADA Mais dautres ne pensent pas que lintermédiaire soit toujours à éviter : La responsable dune Union de groupements : Je ne suis pas pour l'appui direct du partenaire financier à un groupement, parce que seule l'Union peut juger que tel groupement est fidèle ou infidèle. Si tu viens appuyer directement un groupement qui a fait des dégâts et qui ne veut plus adhérer à l'Union, qui se met à l'écart pour mener ses propres activités, tu auras un tas de problèmes, et tu ne sauras pas sur quoi te baser pour les régler. Mama Gueye La dirigeante dune OA : Les femmes qui ont une certaine capacité, qui ont certaines compétences, par exemple, si elles savent négocier, si elles savent gérer, si elles savent animer, je pense qu'elles peuvent être en contact direct avec les bailleurs. Mais au début c'est difficile, il faut les accompagner car elles ne savent pas écrire, elles ne savent pas négocier ; mais au bout de quelques années d'accompagnement je pense que ces groupes là sont capables de négocier avec les bailleurs. Mais nous en tout cas on les accompagne pour négocier avec la communauté rurale, on les aide à négocier avec le sous-préfet, etc. Notre objectif c'est de les accompagner pour qu'elles puissent avoir cette capacité technique* de négociation, pour qu'elles puissent acquérir un certain capital financier pour pouvoir négocier avec les banques, pour pouvoir renforcer les crédits. Josephine Ndione Retour
Quel
accompagnement apporter aux groupements féminins pour quils
gèrent leurs ressources?
" Si ses activités sociales détruisent ses résultats économiques, ce village-là mettra du temps à se prendre en charge ". Mariam Maïga Ce que disent les responsables des Unions dassociations de femmes (OP) : Pour appuyer les femmes, il faut que les OA descendent jusquà la base et travaillent directement avec elles, sans intermédiaire. Quils prennent les données à la source, avec les groupements, sans se baser sur des documents. Parce que les documents sont quelquefois trompeurs. Si tu te bases sur un document qui date de 6 mois, en 6 mois il y a pu avoir des changements. Ndeye Yacine Diouf Chaque groupement membre de lUnion a ses activités à mener à la base. Notre Union a des fiches où on recense tous nos groupements, et à chaque groupement on lui demande de mettre sa principale activité sur la fiche en haut et puis de mettre ensuite les autres activités. Si lUnion reçoit un appui en maraîchage par exemple, et quun groupement a mis que cétait son activité principale, cela nous permet de le faire appuyer. On les convoque pour discuter et on met en relation le groupement et le partenaire. Cest nous qui conseillons quel groupement appuyer. Mama Guèye Ce que disent les agents des Organisations dAppui (OA) : Celui qui appuie doit assurer le suivi des activités. Il doit amener son partenaire financier à comprendre lidée dans laquelle travaillent les femmes et il doit assurer un appui-conseil auprès du groupe des femmes. Son langage sera simple, accessible, convaincant, appuyé dexemples précis et clairs. Madeleine Barry Nous faisons le lien entre les groupements (les associations paysannes qui dirigent les différentes Maisons Familiales Rurales) et les bailleurs. Il y a des séances de négociation quon fait avec les bailleurs et cest loccasion dexpliquer les activités menées par les groupements. Les paysans sont associés à ces négociations, les hommes comme les femmes. Si le bailleur descend au niveau de la base, on le met en rapport direct avec les associations. Les associations arrivent à gérer ces relations mais parfois cest le côté administratif qui flanche*. Cest pourquoi lencadrement* joue un rôle pour le respect des clauses, la fourniture des rapports, etc. Alors cest quand même une sécurité de passer par un intermédiaire. Par exemple, du côté financier, le président et le trésorier de la Maison Familiale Rurale, plus lencadrement, sont signataires du compte, cest une mesure de sécurité. Kebe Ndieme Ndiaye Retour
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GRAD France,
228 rue du Manet, 74130 Bonneville (France) GRAD Suisse,
CP 5833, 1211 Genève 11 (Suisse), |
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