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AF: Aide aux femmes |
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Présenter des façons de faire, utilisées par différents organismes dappui, qui ne limitent pas le dynamisme et la responsabilité des femmes. Thèmes : Mots-clés
DPH:
Thème 1 Bien
connaître les bénéficiaires
Ce que disent les femmes membres des groupements (OP) : Ce que je conseille aux partenaires : dabord, il faut quils connaissent très bien lassociation quils veulent appuyer. Connaître les statuts, le règlement intérieur, etc. des associations pourra aider le bailleur à bien travailler. Car ne pas connaître les buts précis, les statuts, le règlement intérieur de cette association, tôt ou tard, cela va créer des problèmes. Cest pourquoi je dis quà chaque fois quun partenaire veut aider une association, il doit faire des recherches pour la connaître. Savoir sur quoi elle est basée. Cest essentiel. Ndeye TOP Connaître le groupement : comment il fonctionne, quel est sont son objectif, ses activités, les stratégies mises en uvre, les moyens humains, financiers et matériels. Connaître le parrain et avoir confiance en lui pour atteindre lobjectif de lappui. Connaître comment appuyer les bénéficiaires et quand appuyer. RAFIA-CAP Femmes Ce que disent des agents dorganismes dappui (OA) : Connaître la composition et structuration du groupement : qui est qui ? Qui représente qui ? Et aussi aller discuter avec des femmes qui ne sont pas du groupement et qui disent ce que ne diraient pas les membres du groupement. Javier Schunk Connaître bien lorganisation des femmes. Connaître leur structuration et leur fonctionnement (répartition des tâches). Noyau ASET " Dabord, bien savoir sur quoi est basée lassociation quon veut aider ". Ndeye Top Ce qua fait une OA à ses débuts : Avant de me lancer comme ONG dappui aux femmes, j'ai fait une étude-diagnostic autour de Thiès. Cette étude a commencé au marché : j'y ai observé les relations qui existaient, les produits qui sont vendus et les villages qui offrent ces produits. J'ai fait le tour du marché à plusieurs reprises, j'ai essayé de nouer des contacts avec les femmes, c'est comme ça que ça a démarré. Il a fallu créer une relation avec une localité et j'ai donc choisi le lieu du marché, où j'ai discuté avec les femmes informellement*, et c'est petit à petit que les femmes m'ont dit "si tu venais voir chez nous, si tu venais visiter le village, ça nous ferait plaisir". C'est comme ça que j'ai pu pénétrer dans les villages, où j'ai essayé de mettre en place un petit comité de concertation. On parlait de tout ce qui se passait au village : les problèmes, comment les femmes vivent, comment les hommes vivent, quels sont les ressources et les potentialités du village. Au niveau de chaque village, il y avait un tout petit comité composé de 7 personnes et c'est avec ces personnes-là que j'ai fait lenquête. A chaque réunion villageoise, on essaie de toucher toutes les couches sociales. On essaie d'identifier les problèmes, les actions et on se lance dans des actions avec ces groupements villageois en démarrant avec nos propres moyens. On démarre entre nous : on ne compte pas sur le gouvernement ou sur les bailleurs. On essaie de voir comment on peut faire pour résoudre tel ou tel problème. C'est comme cela qu'on a travaillé avec ces 7 villages, pendant 4 ans, sans aide extérieure. C'est au bout de ces 4 ans qu'on a essayé de contacter des bailleurs pour renforcer les initiatives que les populations avaient déjà mises en marche. Joséphine Ndione Retour
Appuyer
les activités déjà en cours
Opinion des responsables dOP (féminines ou pas) : Mon conseil est dappuyer les femmes à partir des activités quelles mènent déjà. Par exemple, quand tu viens voir une association et que tu veux lappuyer en maraîchage alors quelle na jamais effectué de maraîchage, cest un blocage. Mama Gueye Ne pas présenter laide comme une solution à leurs problèmes mais comme un appui à leurs activités. Terre Solidaire Afin de ne pas démotiver les femmes dans leur effort de développement, il faudrait être à leur écoute, ne pas remettre en cause les initiatives qui reflètent leurs problèmes spécifiques et leurs attentes. Leur apporter un appui, en facilitant la réalisation des objectifs quelles se sont fixés, les encadrer et, comme pour tout autre Organisation Paysanne, leur donner des conseils ; surtout, leur laisser lentière liberté dans le management de leurs projets, la libre gestion de leur temps. Jean Nya Ngatchou Opinion de femmes membres dun groupement (OP) : Appuyer la formation (visite déchange, formation pour la réalisation de lobjectif des activités déjà en cours). Appuyer pour renforcer la capacité de connaissances au niveau de chaque responsable dactivité, annexer les AGR ou tout autre volet aux activités principales, faire une auto-évaluation des activités des OP. RAFIA-CAP Femmes Opinion des Organisations d'Appui (OA) : Venir en aide aux associations féminines dans leur propre programme de développement. Madeleine Barry Aider les femmes à développer ce qu'elles ont déjà en main. Noyau Léré Amener les choses de lextérieur, faire tomber les choses sur les femmes, vraiment cela va casser le dynamisme* des femmes. Mais si on part des initiatives déjà en cours et menées par les femmes elles-mêmes, quon appuie cette dynamique, je crois que ça ne peut que favoriser et contribuer à améliorer cette dynamique. Voisins Mondiaux " Partir des initiatives déjà en cours et menées par les femmes elles-mêmes ". Voisins Mondiaux Façon de faire dune OA sénégalaise : Nous avons voulu valoriser les ressources locales, partir de ce que nous avons, de ce que nous pouvons faire nous-mêmes et ne pas toujours compter sur l'aide extérieure, car celle-ci ne sera pas présente éternellement. Nous avons donc montré aux femmes qu'avec leurs ressources propres elles pouvaient démarrer quelque chose et que l'aide ne représentait plus alors qu'un soutien, un renforcement des initiatives qu'elles avaient mises sur pied des mois et des années auparavant. Par exemple, nous travaillons avec un groupement de femmes qui voulaient lancer des activités économiques mais n'avaient pas d'argent pour cela. Après avoir réfléchi, elles ont décidé de faire des prestations de service payées. Elles décortiquaient le mil (à la main), d'abord pour les membres des groupements, puis pour d'autres personnes. Elles ont gagné 30.000 CFA (100 kg de mil décortiqué sont payés 2.000 CFA) et ont fait des prêts (de 5.000 CFA) à 6 femmes décortiqueuses. Celles-ci travaillaient pendant six mois et remboursaient leur prêt à un taux d'intérêt de 20 %. Ensuite, cet argent a été prêté à 6 autres femmes. Ainsi, le groupement a pu démarrer des activités économiques que nous avons alors proposé à une agence d'aide extérieure. Pourquoi appuyer comme cela ? J'ai vécu, pendant des années, les programmes établis d'avance dans une autre ONG. Là, on avait des programmes établis, bien réfléchis, mais qui souvent n'intéressent pas les populations. Alors je me suis dit que pour démarrer des actions dans les villages, il ne faut pas y aller avec des programmes pré-établis. Non! Ces programmes-là n'intéressent pas les populations parce qu'ils ne touchent pas leurs priorités. C'est pour cela que le GRAIF part des situations vécues par les gens, et pas de leurs besoins. On chemine avec eux et au fur et à mesure qu'ils trouvent la nécessité de participer à un programme d'alphabétisation ou de gestion, alors seulement nous intervenons. Il faut que ce soient les groupes eux-mêmes qui décident de solliciter une formation, parce que si c'est nous qui leur proposons quelque chose ou si nous leur amenons un programme pré-établi, cela ne marchera pas. Josephine Ndione Retour
Augmenter
leurs capacités danalyser les problèmes et de négocier
Mme Fatou Bocoum est la permanente de la Fédération des ONG du Sénégal (FONGS) chargée dépauler la promotion féminine. Elle explique ceci : Pour ne pas fragiliser le dynamisme des femmes, il faut quon appuie leur dynamisme et leurs initiatives. Et il y a des initiatives qui ne nécessitent pas daide extérieure. Quand les femmes se retrouvent pour mettre en place des caisses dépargne et de crédit auto-gérées*, il faut voir dans les caisses : il y a des millions ! De largent qui vient delles-mêmes. La meilleure manière de les aider, cest de leur permettre davoir des capacités de gestion par linformation et la formation. Il faudrait sauvegarder cette activité qui est déjà un acquis, qui ne nécessite pas une aide extérieure mais qui est partie de leurs propres moyens. Il faut donc promouvoir ce type dactivités, promouvoir aussi le fait que les hommes commencent déjà à donner une petite liberté aux femmes, pour leur permettre de se former, de sépanouir. Il faut aider dans ce sens-là. Il faut aider au lobbying*, que les décideurs sachent que les femmes sont là, des citoyennes importantes quil faut soutenir, impliquer au niveau de la politique pour les décisions. Moi, je veux parler de cette aide-là, et pas de laide financière pour résoudre les problèmes, mais dune aide basée sur la concertation*, le renforcement des capacités des femmes, leur information, leur formation, et donc aider chaque personne à ce sujet. Dabord, si cest une femme analphabète, il faut quelle apprenne à lire et à écrire. Ensuite, travailler pour quelle puisse sassumer, prendre des responsabilités et sassumer dans le cadre du travail. Donc, si cest une femme qui doit être trésorière, on renforce ses capacités au-delà de la comptabilité, etc. Si elle doit être présidente, on renforce ses capacités pour lui permettre de savoir comment diriger, comment mener les réunions, comment négocier avec les partenaires, etc. Donc, cest déjà de la formation, on commence à la dispenser aux femmes leaders à la base. Elles commencent à prendre des petites responsabilités à la base et, de plus en plus, elles se positionnent*. Si elles étaient à un niveau " village ", elles évoluent jusquà un niveau " groupement ". Cest à la base quil faut commencer à voir des leaders femmes, à les observer au niveau des organisations paysannes. Je crois que le leader, cest inné, cest quelque chose qui est dans le fond. Quand on voit une personne, on sait que si on la pousse elle sera sûre de diriger. Parce quun leader, cest quelquun qui dirige. Nous, nous avons le réflexe des leaders, on les sent au niveau des organisations à la base. Quand on les identifie, on met le paquet, laccent sur leur formation. Cest comme cela quon progresse, cest dans lapprentissage, dans la pratique, en faisant des erreurs, en les corrigeant. Le leadership* ne vient jamais comme cela, cest quelque chose que lon travaille. Il y a des échelons : il faut travailler à tel niveau, maîtriser ce niveau, aller dans un autre niveau, le maîtriser, etc. Il y a plusieurs niveaux à maîtriser parce que pour chaque niveau, pour chaque leadership, il y a des comportements et des capacités à développer. Cest lillustration de notre Présidente ici. Elle a été distinguée depuis la base, elle est montée, montée, jusquau niveau de lorganisation faîtière. Et même là, à la FONGS, on continue à la former pour être au même niveau que les femmes quelle retrouve au Ministère, ou bien les femmes quelle retrouve dans la sous-région. Actuellement, elle négocie les projets, le programme de la FONGS aussi. Pour négocier le prochain programme de la FONGS, elle était à Bruxelles avec une autre femme de Casamance, elles étaient deux, avec trois hommes. (Interview de Fatou Bocoum, recueillie par Séverine Benoît, à Thiès (Sénégal), en février 2001 - Fiche 479) Retour
Accompagner,
par une formation, chaque appui à une activité
Informer et former des femmes aux 1000 bras ! La femme à la Maison Familiale Rurale est la femme aux 1000 bras. Elle est au champ, à la cuisine, elle lave le linge, elle fait le repassage, elle balaie la chambre, elle nettoie lenfant, elle surveille la maman qui est malade, elle prépare le repas, elle va faire son petit commerce, chercher son bois, elle se rend à la classe dalphabétisation. Qui va appuyer une femme qui a 1000 bras ? On est obligé de faire beaucoup de choses pour cela. Nous faisons de la formation, en fonction des activités. Par exemple, une femme qui fait du petit commerce peut se former en alphabétisation, suivre des séminaires en gestion et en planning familial. La femme qui produit peut suivre des séminaires en transformation de ce quelle produit. Kebe Ndieme Ndiaye Financer des formations relatives aux activités des femmes, formation technique pour l'amélioration des activités traditionnelles en vue de faire dégager un gain. Noyau ASET Les informer sur ce qu'elles peuvent déjà commencer à faire avant que l'aide extérieure vienne en appui. Aider à entreprendre ce qui peut être maîtrisé facilement. Former en matière d'épargne et de diversification des activités. Encourager la formation en matière de gestion. Aider les femmes à s'adapter au crédit. Noyau Léré " Former et responsabiliser entièrement : cela conduit à lautonomie des organisations de femmes ". Voisins Mondiaux Des femmes du Togo conseillent ceci : Il faut travailler longuement avec les femmes pour qu'elle acquièrent des connaissances de responsabilité des différents postes de leur OP, et les amener à organiser, animer, restituer des réunions et les formations. Il faut former les femmes en matière de négociation et d'élaboration des dossiers de projets auprès des bailleurs. Mais, surtout, donner une priorité à l'éducation de la feme et de la jeune fille., tout en accompagnant par une formation thématique à des structures de base (éleveurs, fabrication de savon, producteurs des pépinières d'arbres, artisans, etc.) RAFIA-CAP Femmes Au Mali, une OA veille à l'autonomie : Un des points forts du programme, cest la responsabilisation de ces femmes. Il faut éviter de venir avec des recettes toutes faites. Nous partons de ce quelles désirent et les activités sont menées en conséquence. Nous les formons vers ces activités et on les responsabilise. Et avec cette responsabilité, il y a une certaine autonomie au niveau des structures. Actuellement, il y a même une organisation féminine qui existe dans 24 villages. On est parti des structures traditionnelles et on les a renforcées. Dans les villages, certaines organisations ont des présidentes très vieilles ; pourtant, on na pas voulu faire systématiquement des changements radicaux, mais plutôt partir de ces structures traditionnelles. Ces structures sont en train dévoluer, à travers les formations ou les visites déchange, mais souvent, lorganisation nest pas très adéquate. Certains responsables, par exemple, cumulent les responsabilités : une trésorière peut également être secrétaire. Mais des améliorations sont en cours. Voisins Mondiaux Retour
Choisir
avec les femmes des moyens daide adaptés
Le
" malheur " cest que certains bailleurs refusent
le petit, ils veulent donner tout de suite 10 millions ! "
Bien distinguer les différents cas pour lattribution de laide financière : - Accorder des crédits à faible taux dintérêt : aux groupes cibles pour lexécution des activités génératrices de revenus ; aux entreprises ; aux activités individuelles. - Accorder des subventions pour les actions sociales, les actions communautaires de développement et la formation des femmes. ASET Bien tenir compte de lâge des associations : Les associations féminines au Burkina sont jeunes. Lefficacité dun outil est fonction de lexpérience. Partir dun micro-projet* puis, avec lexpérience, passer à quelque chose de plus ambitieux. Cest une préparation de lun par lautre. Au départ, il y a nécessité de concevoir des micro-projets. Dans ce sens, le micro-projet nest ni réducteur ni limitatif. Le micro-projet est un outil dapprentissage. Il faut évoluer avec la base, donc tout expliquer, partir avec quelque chose de simple, faire le chemin avec eux. On peut très bien ensuite avoir affaire à un " programme " (plusieurs micro-projets regroupés et gérés par le groupement). Le programme est efficace pour les femmes : il permet l'harmonie entre plusieurs activités. Marc Totté Appuyer en recherchant lautonomie de lOP : Pour cela, il faut libérer la parole des femmes, et deux conditions doivent être réunies : Quil ait été mis en place au sein des OP un système de vie démocratique, et une bonne gestion des activités de lOP. RAFIA-CAP Femmes Réagir rapidement à leurs initiatives : Jimagine une idée de fonds souples : si les bailleurs peuvent créer des fonds souples* partout en confiant la gestion à des ONG ayant une certaine crédibilité, cela va beaucoup arranger les choses. Nous avons dernièrement discuté de ces petits projets ; on sest demandé si ce nétait pas possible de créer un fonds souple dappui. Souvent les femmes envoient leur projet 2 ou 3 mois avant la date espérée du démarrage. Létude de leur demande peut prendre parfois 4 ou 5 mois. Si nous avions un fonds souple avec un système de gestion approprié, les gens nauraient pas besoin denvoyer leurs projets jusquà Ndjaména, en Allemagne ou en France. En une semaine, une structure sur place peut donner une réponse positive ou négative pour permettre aux gens, si cest négatif, de chercher dautres façons pour se débrouiller rapidement. Surtout pour les femmes : quand elles ont un projet intéressant qui met du temps à se réaliser, elles se découragent. Alors que sil y avait un fonds souple dappui dont elles pourraient bénéficier rapidement, cela pourrait les encourager à développer leurs activités. Aminé Miantoloum Garantir les emprunts de leurs entreprises auprès des banques : Laide doit parvenir aux femmes sous forme de crédit. Une subvention ou un fonds perdus, cela na jamais donné de fruits. Les gens ne font pas defforts. Par contre, les femmes ont besoin dun fonds de garantie* qui leur permette davoir accès au crédit bancaire mais elles doivent être conscientes quen retour elles doivent épargner pour avoir des résultats et développer des entreprises. Cela ne veut pas dire quil ne faut pas de subventions : on peut subventionner certaines choses, surtout au niveau des activités sociales et au niveau de lalphabétisation. Fatou Bocoum Retour |
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