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Serie AF: Aide aux femmes
Pendant des années, les femmes des villages et des quartiers ont été négligées par les agents d'aide extérieure. Aujourd'hui, au contraire, les femmes sont devenues des interlocutrices incontournables. Quelles chances et quels problèmes apportent ce changement ? Comment rendre cette évolution utile à tout le monde?

Autonomie

Aide aux Femmes

Maîtriser l'aide pour arriver à nous en passer

Du projet à la convention de partenariat

Appui aux Organisations Paysannes Débutantes


AF7 - L'aide extérieure doit-elle s'intéresser plus aux femmes ?

Cinq questions sont posées pour savoir s’il est bon de pousser les partenaires qui aident à s’intéresser plus aux femmes. Dans les réponses, qui proviennent d’hommes comme de femmes, on trouvera beaucoup d’arguments allant dans ce sens. Mais n’y a-t-il pas à chercher aussi les inconvénients ?

Thèmes :
Ont-elles davantage besoin d'aide ?
Peuvent-elles avec une aide élargir leur rôle ?
Utilisent-elles mieux l'aide reçue que les hommes ?
Partagent-elles mieux les ressources que les hommes ?
Sont-elles plus sûres que les hommes ?

Mots-clés DPH:
Egalité sociale
Genre

 

 

Thème 1

Ont-elles davantage besoin d'aide ?
Mots-clés DPH du thème :
Niveau de Vie

 

Sont-elles dans des situations plus difficiles ?

C’est important de mettre l’accent sur les femmes parce que les femmes sont les plus pauvres parmi les plus pauvres, elles doivent affronter le défi de la pauvreté mais aussi le défi de la marginalisation* et la discrimination*. Donc, je pense qu’à ce niveau il y a un déséquilibre. Par rapport à l’aide, l’accent doit être mis sur les femmes et cela ne doit pas être une mode* passagère. Binta Sarr

Je voudrais aussi insister sur les champs collectifs des femmes. Souvent les femmes n’ont pas de matériel pour travailler ces champs-là. Alors elles dépendent des hommes : elles sont obligées d’attendre qu’ils aient fini avec leur matériel. Leurs champs passent donc en dernier, et les années de mauvaise récolte, cela joue sur la production. Cela, c’est une difficulté pour les femmes. Voisins Mondiaux

Les femmes n’ont pas accès à la bonne terre, et elles n’ont pas de temps pour cultiver leur champ collectif. Rencontre femmes Ouaga

Quand on vit des situations difficiles, on a toujours tendance à s’organiser. C’est pourquoi les femmes s’organisent : parce qu’elles vivent des difficultés. Et aujourd’hui, au niveau des structures de femmes au Sénégal, toutes les structures créées par des femmes sont fiables et crédibles, plus que celles des hommes. Parce qu’elles sentent une solidarité, elles s’entraident pour résoudre en commun leurs difficultés. Fatou Bocoum

Ont-elles plus de charges* ?

Aujourd’hui on se rend compte que la femme a la charge de tous les problèmes de la famille. A cause de la crise économique beaucoup d’hommes sont au chômage, alors c’est la femme qui joue le rôle de l’homme au sein de la famille, et donc elle mène des activités pour essayer de s’en sortir.

Il faudrait quand même scolariser les femmes pour qu’elles puissent atteindre un certain niveau qui puisse leur permettre de savoir négocier avec les bailleurs. Il faut aussi les former sans trop les étouffer. A travers les programmes qui sont mis en place pour sortir les femmes de la pauvreté, il y a trop de contraintes que les femmes n’arrivent pas à contourner. Il faut aider, écouter les femmes et tenir compte de leurs propositions. Rencontre AGADA

" On voit que dans nos sociétés, les jeunes et les femmes sont les deux cibles qui sont vraiment les plus délaissées en général. Les hommes peut-être n’ont pas les mêmes problèmes que ces deux cibles-là ".

Ourèye Seck

Sont-elles les " véritables actrices " ?

Je souhaiterais qu’une meilleure assistance soit donnée aux femmes, parce que les femmes sont les vrais leaders de la famille. Je prioriserais les femmes parce qu’elles seront toujours au premier plan, avant les hommes. Elles détiennent le savoir, elles détiennent tout dans la maison, les hommes sont là comme des figurants*. Ce sont les femmes les véritables actrices* du développement. Elles sont partout et elles sont fatiguées parce qu’elles ne sont pas bien soutenues par les hommes. Donc, il vaut mieux soutenir la femme. Adama Sème

Opinion d’un consultant :

La plupart des traditions africaines relèguent la femme au second rang, avec un statut socio-économique inférieur ; elles ne sont pas autorisées à participer avec les hommes aux réunions traitant des questions politiques et des problèmes de développement ; les femmes sont, de ce fait, coupées de tout contact avec les sources d’information, donc de connaissances.

Mais je ne pense pas que l’aide extérieure devrait plus s’intéresser aux femmes qu’aux hommes. Il faudrait plutôt prendre en considération le comportement discriminatoire dont les femmes sont souvent victimes, et prendre des mesures appropriées pour rééquilibrer l’aide extérieure, en mettant un accent particulier sur les problèmes de femmes, apporter un appui concret à leurs activités : leur faciliter l’accès aux établissements scolaires, aux structures de formation professionnelle, assouplir les conditions d’octroi de crédit. Jean Nya Ngatchou


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Thème 2

Peuvent-elles avec une aide élargir leur rôle ?
Mots-clés DPH du thème :
Culture Traditionnelle

 

Pascal MANE, paysan responsable de la communication au sein de l’association Entente de Diouloulou, au sud du Sénégal, décrit les premiers pas de l’évolution du rôle des femmes dans le progrès de sa zone :

La personne qui a déclenché le processus, je peux dire que c'est une femme qui a voyagé au début des années 1980 vers le Nord du Sénégal et qui a vu un groupement de femmes. Au retour, elle a dit à ses amies : "Voilà quelque chose que j'ai vu... donc cela pourrait aussi nous profiter. Si jamais on se réunissait quelque part, cela pourrait en tout cas nous aider dans tout ce que nous faisons".

Par ailleurs, les femmes étaient confrontées à un problème d'analphabétisme; elles ont fait appel aux hommes du village, aux maris pour leur exposer leurs problèmes, c'est ainsi qu'elles ont décidé de faire revenir de Dakar deux jeunes originaires. L'un a pris la charge du secrétariat et l'autre, la coordination des activités de l'association. C'est vrai que ce sont des hommes qui dirigent l'association, pourtant l'association a été initiée par une femme. Il faut dire que les femmes dans la zone où nous vivons n'ont pas de pouvoir de décision, bien que tout cela soit "quelque chose des femmes". Même pour les fêtes de femmes organisées entre elles, il faut que les femmes avertissent leurs hommes pour avoir leur feu vert. Et ne se sentant pas responsables dans tout ce qu'elles font, elles ont besoin des hommes pour les soutenir dans les actions qu'elles font. Elles ont commencé par des activités de maraîchage. Il faut clôturer les jardins pour faire du bon maraîchage. La femme n'a pas la force physique qui lui permet d'aller chercher le bois en brousse pour venir faire sa clôture.

C'est ainsi qu'elles ont fait appel à leurs maris : "Ecoutez nous, nous avons eu l'idée de nous regrouper mais nous serons bloquées par notre faiblesse physique; on veut vous confier la tâche de nous clôturer nos jardins".

Les hommes se sont dit : "le développement ce n'est pas une affaire uniquement de femmes. Donc nous allons nous intégrer à leur action car on voit que c'est une bonne initiative". Au lieu d'intervenir seulement pour clôturer le jardin, ils ont préféré travailler ensemble tout de suite, quitte à ce que les hommes aient des parcelles ou des planches dans le jardin et les femmes également. D'ailleurs, une bananeraie, n'importe qui peut le faire (il suffit d'arroser). Mais les activités de maraîchage, chez nous c'est les femmes qui les exécutent, les hommes se disent maraîchers, mais en réalité c'est les femmes qui tiennent à cœur ces activités de maraîchage. D'ailleurs, tu peux aller dans un village, où les hommes se disent tous membres de l'association qui a comme activité principale le maraîchage et tu vois seulement 2% d'hommes dans le bloc maraîcher !

On peut parler de pouvoir des femmes seulement dans les pays que je dirai développés mais, dans la société diola*, voire même africaine, la femme a vraiment un pouvoir très limité. C'est pourquoi l'association a jugé nécessaire de constituer deux bureaux parallèles. D'un côté, le bureau de l'association où on peut même voir que l'adjoint est une femme; chez nous : le président est un homme, le secrétaire adjoint est une femme, le trésorier général est un homme, la responsable de la cellule féminine est une femme. Et à côté de cela, nous avons un bureau de femmes, uniquement de femmes, où il y a une présidente des femmes et deux animatrices chargées d'accompagner la présidente dans ses tournées et dans ses activités parce que la présidente n'est pas instruite.

Quelquefois, quand elles siègent, elles font appel aux hommes en disant : "on veut faire çà" et les hommes acceptent. D’autres fois les hommes n'acceptent pas si on voit que la chose ne répond pas aux préoccupations de l'association. Et il y a parfois des cas où les hommes prennent des décisions que les femmes rejettent. Par exemple, elles avaient reçu un fonds, les hommes ont dit que ce fonds devaient pouvoir profiter à tous les membres de l'association. Elles se sont carrément opposées : "Il n'en est pas question; c'est un fonds de crédit-femmes". C'est pourquoi je dis qu'aujourd'hui, toutes les femmes dans les associations ne savent pas concrètement leur rôle, mais celles qui savent leur rôle participent à la prise des décisions.

Interview de Benoît Lecomte, à Diouloulou, en 1999 [Fiche 200]


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Thème 3

Utilisent-elles mieux l'aide reçue que les hommes ?
Mots-clés DPH du thème :
Gestion / Capacite / Ressource Humaine

 

L’opinion d'une paysanne :

Je pense que les femmes devraient être plus appuyées que les hommes, parce qu'elles sont plus crédibles. Mais la femme et l’homme ne peuvent pas être séparés. Et l’homme a beaucoup plus de dépenses que la femme dans le foyer. Il y a des hommes qui sont justes, qui prennent des crédits et qui les remboursent. On peut les appuyer. Mais ceux qui ne veulent pas travailler, on les laisse derrière. Avec la crédibilité des femmes, les appuyer est plus sûr que d’appuyer les hommes. Khady Sène

L’opinion d’hommes responsables d'OP :

Les femmes sont plus motivées que les hommes, 10.000 fois plus. Elles sont travailleuses. Il est préférable de travailler avec un grand nombre de femmes qu’avec un grand nombre de jeunes ou d’hommes. Pour travailler avec les femmes, c’est facile : il suffit de les former, les sensibiliser et les orienter. Mamadou Diallo

 

Les femmes sont aujourd’hui plus appuyées que les hommes, en tous cas au Sénégal. C’est normal parce qu’elles essaient de se prendre en charge. Elles méritent d’être appuyées, parce que leurs activités sont durables. Si moi j’étais un bailleur de fonds* et si, là où je donne des fonds, je vois que les choses marchent, si on me demande de nouveau de l’aide, je vais donner. Les programmes des femmes fonctionnent mieux que ceux des hommes.

Jusqu’à présent, avec les femmes il n’y a jamais eu de problèmes. Il n’y a même pas eu un cas. Le remboursement est de 100%. Le problème est toujours du côté des hommes, parce qu’ils ont du mal à rembourser. La femme ici est vraiment courageuse dans certains domaines parce que les femmes n’aiment pas les critiques des autres femmes. Noël Tine

" La femme, en général, quand tu la responsabilises, ça y est ! ".

Ourèye Seck

Des opinions venant des Organismes d'Appui (OA) :

Ce que les bailleurs de fonds font maintenant, c’est qu’ils privilégient les femmes et les mettent au devant. Je crois qu’on aurait dû le faire depuis longtemps, et si on continue à le faire, on verra quand même quelques changements. Moi, j’ai travaillé avec des groupes de femmes, j’ai aussi travaillé avec des hommes, mais en matière de crédits, par exemple, les femmes remboursent mieux, les femmes sont mieux organisées. Ce n’est pas pour mettre en valeur les femmes mais c’est vrai, tout le monde le dit. En général, ce que peut faire une femme et le réussir, un homme tu lui donnes de l’argent pour cela et il va faire autre chose, un projet de mariage ou bien une construction ou bien autre chose. Ourèye Seck

Les femmes sont plus dynamiques que les hommes, plus joviales. La femme, si elle a l’amour de faire quelque chose, elle y arrive. Salimata Ouedraogo

Les femmes font tout avec beaucoup de sérieux. C’est cela qui me pousse. On a tenté beaucoup de choses avec les hommes, mais ils n’ont pas réussi. L’argent qu’elles ont, elles le gèrent sérieusement car elles savent que si l’enfant tombe malade, c’est d’abord leur argent qu’on utilise. Aminé Miantoloum

 


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Thème 4

Partagent-elles mieux les ressources que les hommes ?
Mots-clés DPH du thème :
Economie Familiale

 

" Et si la femme arrive à se développer, c’est pour toute la famille, parce que c’est elle qui soigne le mari malade, les enfants, etc. ". Fatou Bocoum

Dans la famille ?

Dans une société, si tu éduques un homme, tu éduques un homme mais si tu éduques une femme, tu éduques une société à travers une famille, la femme c’est la famille. Donc il faut aider les femmes. La femme n’a pas la force physique mais elle est intelligente, elle est brave, elle sait comment travailler, mais ce qui lui manque c’est la force physique. Tout ce qui est problèmes, activités, la femme est au bout, au centre, au milieu de tout ! Fatou Bintou Diop

La femme dépense plus pour la famille que l’homme. Noyau Ouagadougou

Si on donne quelque chose aux femmes, cela reste au sein de la famille, pour entretenir les enfants, nourrir la famille, faire les petites dépenses. Alors que si c’est l’homme qui reçoit de l’argent, il ne songe qu’à la polygamie. Donc c’est mieux d’aider les femmes.

On a constaté qu’une fois que la femme est dans de bonnes conditions, cela libère l’homme. C’est une constatation générale. Ici dans nos sociétés la femme est à la charge de l’homme, c’est culturel, donc si la femme est aidée, je pense que l’homme aussi sera aidé. Voisins Mondiaux

Dans le petit commerce ?

Le petit commerce exercé par certaines femmes a augmenté grâce à l'aide de l'ONG, ce qui fait qu'une femme maintenant ne peut pas manger durant tout un mois sans manger de la viande. Donc, le manger a changé, ce qui fait que la malnutrition disparaît au village, les enfants sont bien nourris et bien soignés. les femmes du village y restent sans faire de voyages sur d'autres pays voisins. Noyau Agoulou

Dans toutes ses activités ?

L'homme, il fait sa culture. Après la culture parfois il va en exode, ou bien après l’hivernage il se repose, ou bien il fait de l'artisanat. Mais la femme, c’est douze mois sur douze qu'elle travaille. Que ce soit l’hivernage ou la période sèche, elle continue son travail, à la maison, le commerce, la culture, tout. Donc, je crois qu’il est très intéressant de les aider parce qu’elles ont plus d’activités que les hommes. C’est mon avis. Une monitrice de Voisins Mondiaux

Dans la société ?

Des années 60 jusqu'aux années 80 toute l'aide était concentrée sur les hommes, les projets étaient pour les hommes et les femmes étaient pour servir de main d'œuvre : elles travaillaient dans les champs, elles n'avaient pas la parole, elles n'avaient pas d'argent, elles ne pouvaient pas prendre de décision. Mais après, cela a changé, les organisations se sont plus tournées vers les femmes et ça a été une bonne chose pour les femmes parce qu'elles sont braves, elles travaillent, elles ont de bonnes idées mais on les avait oubliées. Depuis, les relations ont changé entre les hommes et les femmes, avant les hommes ne considéraient même pas les femmes, mais maintenant ils les considèrent, car elles ont du poids dans la famille et dans la société. Josephine Ndione


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Thème 5

Sont-elles plus sûres que les hommes ?
Mots-clés DPH du thème :
Identite Sociale

 

Sont-elles plus compétentes ?

Avec le développement, il n’y a pas de discrimination. Parce qu’on ne peut pas dire que ce sont les hommes qui vont développer le Sénégal, ce n’est pas possible. Par les évaluations*, on s’est rendu compte que les femmes étaient beaucoup plus compétentes que les hommes pour le développement. Noël Tine

Gaspillent-elles moins l’argent ?

Très souvent les femmes ne demandent pas trop, elles sont souvent plus réalistes que les hommes ; les femmes savent jusqu’où va leur force. Elles ont aussi toujours peur d’échouer. Le côté gestion est difficile et elles le savent ; peu de femmes savent réellement gérer. Madeleine Barry

Dans un groupe de 10 femmes, si les 9 autres remboursent, la dixième va chercher toutes les stratégies pour pouvoir rembourser parce qu’elle ne veut pas que les 9 autres disent qu’elle n’a pas remboursé. Les femmes aiment beaucoup les discussions ; tu vois les mots qui partent beaucoup, et finalement elles sont toutes au courant. C’est une question d’honneur, c’est ce qui leur donne le courage de rembourser. Les hommes, ils ne parlent pas comme les femmes. Ils prennent les crédits individuellement et même s’ils ne remboursent pas, beaucoup de personnes ne le sauront pas. Et même si les gens le savent, jamais un homme ne va aller voir un autre homme pour lui dire : " Tu n’as pas remboursé ". Cela ne se passe pas comme ça, parce que les hommes ne parlent pas beaucoup ; ils sont plus discrets et c’est cela le problème. Noël Tine

" Les femmes, on peut vraiment compter sur elles. Elles sont dynamiques, elles sont motivées, elles ont de la volonté et puis on sent que, quand ça bouge, elles veulent changer ". Joséphine Ndione

Savent-elles mieux travailler en groupe ?

A travers mon travail avec GREEN Sénégal et les groupements de femmes et groupements mixtes, je constate que les femmes sont moins concernées par les aspects politiques ou par les jeux du pouvoir qui se manifestent souvent avec les interventions financières. Elles ont un style diplomatique ; souvent elles évitent ou refusent de parler ou agir à la place des autres. Malgré cela, la participation des femmes dans les comités de concertation est souvent faible, ce qui varie de 15 à 40 %. Pourtant, les femmes sont des actrices très importantes et très dynamiques dans le domaine de la gestion des ressources naturelles (GRN). Et là, il y a toujours le risque d’une politisation de ces activités GRN parce que les hommes, au contraire des femmes, parlent moins des activités à mener, mais plutôt de la structure du groupement, de qui est président, etc. Il faut dire aussi qu’il y a très peu de présidentes dans les groupements mixtes. Stéphanie Foerster

Sont-elles plus honnêtes ?

La gestion de l’argent nécessite une transparence et pour cela on sait qu’ici, les femmes sont crédibles. Alors que les hommes, non, car ils ne remboursent pas les prêts et cela pose problème. Les femmes ont toujours des stratégies internes pour pouvoir rembourser, parce qu’il y a la pression sociale. Elles se sentent obligées par la pression sociale. Elles ont leur manière d’amener les autres à respecter leurs lignes de conduite. Et si on ne respecte pas, on quitte. On est humiliée, on dit des choses que tu ne peux plus supporter et ensuite on quitte. C’est cela qui a fait que toutes les activités que font et entreprennent les femmes, en général, réussissent. Fatou Bocoum


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