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Serie
C : Maîtriser l'aide pour arriver à nous en passer
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Reconnaître les effets de la concurrence entre les intervenants dans un même village et chercher des solutions pour maîtriser le désordre à ce niveau. Thèmes
Mots-clés
DPH du livret
Quels
sont les effets de l'incohérence des initiatives d'aide au niveau
des villages ?
"L'incohérence des initiatives d'aide aux OP est une véritable barrière pour le développement." Noyau de Bédogo Ce qu'en pensent les OP : Si plusieurs acteurs, chacun avec sa philosophie et ses modes de gestion, interviennent dans un même village, il y a télescopage* à lintérieur même du village. Le résultat est le cafouillage* ou léchec, voire même des querelles qui aboutissent à des choses dont nous ne voulons pas. Malick Sow Il est courant de trouver un village dans lequel interviennent plusieurs partenaires à la fois, sans se connaître, sans se rencontrer. Chacun a sa manière d'intervenir. Ce qui intéresse les paysans, c'est le fait qu'il y ait de l'argent qui rentre même s'ils ne savent pas "tirer" les conséquences que cela entraîne; ceci cultive l'incohérence* et entretient une certaine division sociale, parce que les gens n'ont plus à se mettre ensemble, ce qui développe une concurrence même au niveau interne du village. Nous avons identifié cela partout dans les villages de l'arrondissement de Fissel. Sara Diouf Les effets négatifs sont ceux-ci : - Dispersion des efforts des bénéficiaires; - Détérioration des relations familiales; - Conflits familiaux en veilleuse qui explosent dès larrivée des projets. Ce qu'en pensent les OA : Chaque organisation, chaque leader a tendance à chercher de laide de son côté. Cest le système daide qui favorise cela. André Marty Les ONG* ont pris le relais de l'Etat, mais ne sont-elles pas en train de faire pire que l'Etat ? C'est souvent la question que se posent certains leaders paysans lors de nos discussions. Ansoumana Sane Un cas : Une ONG a orienté son appui vers les chefs de ménage (qui sont gestionnaires des récoltes) pour favoriser la constitution des greniers collectifs en vue de résoudre le problème de soudure dans les villages où elles mènent des actions. Très vite, des groupements de greniers collectifs se sont multipliés dans les villages et les chefs de ménage membres de ces groupements ont pu avoir accès à des crédits pour améliorer leur production agricole. Les jeunes des villages concernés, se voyant écartés des actions menées, n'ont pas cherché à aider leurs parents à améliorer le travail avec l'appui de l'ONG mais ont trouvé là un moyen d'accélérer l'exode rural étant donné qu'aucun contrat ne les lie avec l'ONG. Les jeunes sont partis, laissant derrière eux des chefs de ménage âgés et fatigués qui ne peuvent pas travailler convenablement. Noyau de Dapaong Retour
Quelles
sont les causes de cette incohérence ?
"Chaque ONG, chaque projet dappui vient avec sa stratégie et ses cibles. Chacun, comme le font les hommes politiques, veut avoir sa zone dintervention. Ils ne tiennent pas compte de ce qui existe déjà". Pape Maïssa Fall Ce qu'en pensent les OP : Manque de liaison entre plusieurs acteurs. Pas de conscience de l'existence des ressources locales. Bédogo Manque de confiance envers les bénéficiaires de l'aide. ASET Analphabétisme, méconnaissance, appât du gain. Chacun cherche à améliorer sa place au village. Manque de confiance entre les différents acteurs. Meckhé La mauvaise information des acteurs du développement. La prolifération des OP dans un même village. Terre Solidaire Le paysan se minimise* et cela profite aux agents des ONG. Bissi Mafou Un cas : Le groupement LANFANTIBA avait été constitué depuis août 1996, conformément aux consignes du Programme de Micro-Réalisations du FED, afin de solliciter un appui financier pour réaliser un projet d'élevage de petits ruminants* dans le village de Maki. Des problèmes, liés à la composition et au fonctionnement du groupement, ont fait que pendant quatre ans il n'a pu bénéficier de cet appui. Lorsqu'en l'an 2000, avec le départ de plusieurs membres, le groupement a été réduit aux gens d'une même famille (qui avaient d'ailleurs l'habitude de mener certaines activités ensemble), il a retrouvé toute sa viabilité. La contribution matérielle et financière que le Programme avait exigée (depuis 1997 !) a été mobilisée en l'espace de deux mois. L'aide accordée revient pratiquement à une seule famille. Dapaong Ce qu'en pensent les OA : Les villageois à qui on présente des projets disent "OK", mais ils s'engagent dans ces projets sans pour autant que ceux-ci correspondent aux initiatives qu'ils poursuivent. Ils prennent ces projets pour éventuellement espérer les orienter par la suite vers des activités qui leur seraient bénéfiques. Thiès Tout le monde veut aller sur le "terrain préparé". ASET Des organisations villageoises existent effectivement mais le système daide les ignore pour en créer dautres. Il est demandé aux populations de sorganiser selon les principes choisis par chacun des intermédiaires* de laide extérieure. Le plus souvent, cela se traduit par un comité de gestion pour chaque activité menée. On trouve ainsi dans un même village un comité de santé, un comité de gestion de leau, etc. GRAD De nombreux acteurs sont placés sur le chemin de laide. A chaque étage, de largent sécoule car chaque intermédiaire se rémunère, et chacun deux considère quil a son mot à dire à lintermédiaire situé au dessous de lui. GRAD Les acteurs étatiques, communaux, associatifs ou non gouvernementaux se trouvent en fait souvent en compétition pour la réalisation des mêmes activités et pour laccès aux mêmes ressources que sont les fonds des donateurs. David Naudet Retour
Que
peuvent faire les villages pour maîtriser les intervenants externes
?
Evoluer vers une "approche village" qui impliquerait toutes les composantes de la communauté villageoise. Noyau de Dapaong Ce que font les OP : Dans mon village de Mongone, il y a plusieurs catégories sociales : les vieux, les femmes âgées, les jeunes femmes, les jeunes garçons, les jeunes filles, les étudiants, les agents du développement, les ressortissants qui sont à Dakar, à Thiès, en Gambie ou ailleurs en Europe. Chaque catégorie ou acteur a sa façon de voir ou de faire pour développer ce petit village. Comment faire pour coordonner* toutes ces idées, ces pensées des divers acteurs du village; nous avons convoqué une Assemblée Générale que nous avons dénommée "Congrès du village". Elle a réuni toutes les catégories du village et elle a abouti à la création d'une "Association Villageoise de Développement". Celle-ci a mis en place un comité chargé de coordonner toutes les activités du village. Ce comité est composé de membres de toutes les catégories. Kalilou Sonko Cela nous a d'ailleurs poussé, à Fissel, à essayer d'avoir une "organisation" (du même type que le Comité de Coordination des Acteurs au niveau de l'arrondissement) au niveau de chacun des villages. Cela a permis d'identifier tous les responsables de groupements (qu'ils adhèrent ou non à notre fédération) et de susciter la nécessité qu'ils se retrouvent tous au niveau de chaque village, avec bien sûr les autorités villageoises. Et nous voulons que les partenaires de l'aide se retrouvent entre eux. Puisque les villageois eux-mêmes se retrouvent entre eux il faut que tous ceux qui aident leur village se retrouvent. Nous disons au cours de réunions entre les organisations villageoises : "Cette rencontre est un outil, qui vous sera commun, et que vous allez proposer à vos partenaires de manière à ce qu'ils se retrouvent, eux aussi entre eux". Sara Diouf Il serait bon que les OA : - soutiennent financièrement les journées de concertation. - évitent de multiplier les comités au niveau des villages. Noyau Ouahigouya Ce qu'en pensent les OA : Valoriser l'organisation sociale du village et éviter de diviser la communauté villageoise avec une nouvelle structuration incompatible à la réalité du milieu. Noyau Dapaong Il faut analyser la place quoccupe lOP au sein du village ou des collectivités de base. Le rapport entre membres et non-membres doit être soigneusement pris en compte. André Marty Il faudrait nécessairement un seul interlocuteur du village en matière de développement (comité villageois de développement, ou association villageoise de développement, ou conseil traditionnel reflétant la représentativité du village). Cet interlocuteur sera chargé d'élaborer un plan de développement villageois concerté qui doit servir de référence pour tout acteur. Dapaong Des ONG sont parfois retournées ensemble dans les villages pour régler leurs différends devant les villageois. Dans certains coins, on met des millions dans un village, alors que celui d'à côté n'a pas d'eau à boire. Une ONG ou un bailleur de fonds ne devraient pas pouvoir venir dans une Communauté Rurale (CR)* et dire aux gens : "j'ai des millions, et je vais les mettre où je veux". Ils doivent partir des besoins réels et des priorités des villageois pour agir. Ansoumana Sané Retour
Que peuvent
faire les Organisations Paysannes (OP) pour limiter les incohérences
?
"Il faut une seule organisation faîtière* pour la gestion de l'aide e financière dans une zone". Bissi Mafou Ce que proposent les OP :
S'organiser dans la solidarité au niveau du village. Conjuguer selon les efforts de chacun de nous. Bédogo
Créer des projets cogérés par les groupes de base. Créer un fonds d'appui aux initiatives. Sara Diouf Chaque OP réfléchit sur : son but à atteindre; et organise les contacts inter-OP, en particulier entre débutantes et anciennes. Les mêmes OP doivent avoir un but commun et : - analyser lintervention de différents intermédiaires dans les zones - réagir ensemble contre les intervenants nuisibles. Bédogo
Il faut une seule organisation faîtière pour une gestion de l'aide financière dans une zone donnée. L'intervention extérieure doit obligatoirement passer par cette structure. Bissi Mafou
Se méfier des stratégies de l'aide. Se former à la négociation. Bédogo Eviter de dire : "Nous appartenons à telle ONG". Bissi Mafou Ce que proposent les OA :
Il faut de la transparence au sein des villages. Chaque citoyen doit savoir ce qui se passe et connaître les principes des intervenants. André Marty
Les OP et les OA dessinent ensemble un plan d'action pour le village par un dialogue avec tous les groupes du village. GRAD
Parfois, nous ONG, on vient dans une localité et on élabore des programmes avec les partenaires locaux sans nous baser sur les plans locaux de développement déjà existants. Or, dans presque chaque Communauté Rurale (CR) de la région de Thiès, il y a un plan local de développement; si l'on veut intervenir, on doit en tenir compte et les réactualiser. Il faut aussi encourager les OP d'une Communauté Rurale (CR) à se mettre autour d'une cellule de concertation afin d'essayer de maîtriser l'aide qui arrive au village. Ansoumana Sané
Les villageois doivent être en mesure de refuser toute forme d'assistance de la part d'intermédiaires qu'eux-mêmes ne contrôlent pas ou qui leur sont étrangers. Ils doivent accepter la responsabilité de leur existence et prendre le contrôle des éléments de celle-ci; ce qui leur fera abandonner l'attitude attentiste*. Bref, il faudrait à tout prix viser l'indépendance des populations à la base et l'autonomie de leurs organisations. Dapaong Retour
Que peuvent
faire les Organismes d'Appui (OA) pour coordonner leurs appuis ?
"Qu'ils élaborent avec les Collectivités et les OP des plans de développement locaux" Sara Diouf Ce que proposent les OP : Objectifs Que la collaboration existe entre les intermédiaires pour mieux coordonner leurs appuis aux OPD et éviter les concurrences. Léré
Qu'ils sunissent dans leurs interventions pour la réalisation des buts des OP. Bédogo Quils acceptent dinformer et de se concerter avec tous pour établir ensemble des règles du jeu et un plan local de développement. Sara Diouf Qu'ils vérifient bien qu'ils disposent des informations nécessaires sur les villages et les bénéficiaires avant d'intervenir. Noyau Dapaong
Qu'ils harmonisent* les approches dintervention entre eux permettant de "tenir la même langue" aux demandeurs dappui pour une même zone. Ouahigouya
Les ONG doivent chercher la complicité des administrations centrales pour éviter des situations de conflit par manque dinformations. Elles doivent également travailler en étroite collaboration avec les services administratifs décentralisés des Etats et avec les Collectivités locales. Elles le font difficilement et les fonctionnaires " déconcentrés " les voient comme des concurrents dont la supériorité ne vient pas des compétences mais des moyens. Sara Diouf Ce que proposent les OA :
Arriver à ce que chaque nouvel intervenant annonce publiquement sa stratégie et sa méthodologie dans une instance de concertation située à un niveau pertinent. Il en va de même pour ceux qui interviennent déjà. André Marty
Le Conseil Régional de Thiès a bien fait de mettre en place un "cadre de concertation et d'harmonisation"* des interventions sur l'étendue de la région pour mieux répartir les interventions entre les zones afin de trouver un juste équilibre entre celles sur-aidées et celles abandonnées. Ansoumana Sané
Créer un cadre de concertation entre les acteurs intervenant auprès d'une même OP, village ou zone pour l'harmonisation des pratiques et la complémentarité des actions et ceci dans le cadre d'un plan* d'action clairement défini avec la base. Si ce plan n'existe pas, les intermédiaires doivent uvrer pour qu'il soit élaboré en appuyant le village à valoriser son propre "cadre de concertation" ou à le mettre en place. Dapaong
Chaque intermédiaire devrait se spécialiser dans un ou plusieurs domaines selon ses moyens et compétences. Dapaong Retour
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GRAD France,
228 rue du Manet, 74130 Bonneville (France) GRAD Suisse,
CP 5833, 1211 Genève 11 (Suisse), |
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