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C4 - La CONCERTATION
au sein de la COMMUNAUTE RURALE de FISSEL (Sénégal)
Informer
sur une innovation : le travail de concertation entrepris par une organisation
paysanne et une collectivité locale sénégalaise (1991-1999).
Thèmes :
L'étude
demandée, en 1991, par le Conseil Rural de Fissel (Sénégal)
Le Plan de Développement Local (PLD : 1993 1995)
La "Coordination des Acteurs de Développement" (CAD)
: 1992-19..
Le deuxième Plan de Développement (PLD :1999
- 2001)
Conclusions personnelles
Mots-clés
DPH:
Collectivité
locale
Concertation
Décentralisation
Développement
local
Organisation
Paysanne
Thème
1
Létude
demandée, en 1991, par le Conseil Rural de Fissel (Sénégal)
Mots-clés DPH
du thème : Connaissance
Mutuelle
L'étude
:
Depuis les
années 1970, le contexte* économique et social a poussé
les habitants de Fissel et dailleurs à sorganiser pour
apporter des réponses aux différents problèmes.
Ces organisations
autonomes agissaient à côté de celles créées
par le gouvernement pour la gestion des investissements publics* dans
les secteurs de développement social (hydraulique, éducation,
santé).
Cependant,
la situation a été soumise en 1991/92 à une analyse
profonde et participative suite à une décision de la nouvelle
équipe dirigeante du Conseil Rural et des responsables politiques
de la Communauté rurale (Collectivité locale de Fissel).
A la demande
du Conseil rural, le bureau d'études CIEPAC (Montpellier) et une
équipe danimateurs paysans rompus* au travail danimation
et denquête ont mené une étude sur une période
de 12 mois. Ils ont, en particulier, assuré :
- la formation
des animateurs et lorganisation du travail,
- la production
doutils de diagnostic* externe et interne,
- la conduite
des séances d'analyse* et dinterprétation* des données*
par les populations (réunions villageoises).
Cette riche
période danalyse et de réflexion participative a permis
de déceler tous les points faibles dans la manière de conduire
les activités dites de développement dans la communauté
rurale de Fissel.
Les points
faibles constatés en 1991 :
En premier
lieu, la juxtaposition de structures à vocation différente
à tous les niveaux (22 structures ou associations, des comités
villageois de gestion (ex : santé) et des GIE, soit plus de 375
organisations de base dans les 28 villages). Entre elles existaient des
complémentarités, parfois non réfléchies,
mais le plus souvent on a constaté :
- des concurrences
clientélistes du côté des populations mais aussi
du côté des partenaires (ONG et bailleurs de fonds) ;
avec comme résultats parfois aucun appui dans certains villages
et trop d'aide dans dautres ;
- des actions
diverses, incohérentes et parfois doublées dans une même
zone ou village, obtenant de faibles résultats ;
- des comportements
individuels manifestant la volonté de garder des intérêts
privés ;
- la vulnérabilité*
de la Communauté Rurale face à des interventions non conjuguées,
non harmonisées qui sèment la zizanie* sur le plan organisationnel
parmi les populations ;
- des projets
abandonnés parce que le bailleur sest retiré ou
a changé dapproche ou de priorités, sans concertation
ni avis des bénéficiaires ;
- une solidarité
de plus en plus mal vécue entre groupes de base (par exemple,
18 groupements dans un même village ne vivant aucune forme de
relation entre eux) ;
- un faible
partenariat de la Collectivité locale de Fissel avec les autres
communautés rurales du département et de la région.
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Thème
2
Le
Plan de Développement Local (PLD : 1993-1995)
Mots-clés
DPH du thème :
Evaluation
/ Planification
Les priorités
:
Cest
après un constat partagé que tous les acteurs de la Communauté
ont décidé ensemble et de manière courageuse et responsable
de bâtir un PLD pour apporter des correctifs à ces points
faibles avec comme objectifs :
- la création
de structures de concertation, et aussi bien au niveau de la Communauté
quau niveau de chaque village où sont représentés,
à égalité, les organisations de la société
civile, les élus locaux et ladministration ;
- lharmonisation
des actions des diverses organisations, des bailleurs et des partenaires
pour obtenir de meilleurs résultats et ceci au profit de tous
les villages de la communauté ;
- un repositionnement,
un changement dattitude et de comportement des citoyens, des politiciens,
des responsables dOP, des opérateurs économiques
et des ressortissants (originaires de Fatick mais résidant ailleurs)
pour aller vers une culture démocratique et lintérêt
public ;
- un développement
des solidarités et relations de partenariat inter-groupes et
inter-collectivités.
Le premier
PLD couvrait la période 1993-1995. Il a obtenu le cofinancement,
52.000.000 F.CFA, par plusieurs partenaires-bailleurs dont :
- les structures
et associations locales, dont lassociation Jig-Jam (et ses partenaires) ;
- le Conseil
rural de Fissel ;
- les populations
bénéficiaires et leurs diverses Organisations de Base
(OB) ;
- lAssociation
Aube-Mbour (et la Coopération française) ;
- La ville
de Romilly (F) ;
- LUnion
Européenne (23.000.000 F. CFA).
Les actions
prévues :
Parmi elles,
nous citerons :
- le renforcement
de la concertation au niveau communautaire et dans les villages par
des réunions, assemblées, débats à la radio
(projet actuellement victime dun changement dorientation
stratégique de la part de son seul partenaire ;
- la formation
des conseillers ruraux pour maîtriser la nouvelle approche*;
- lappui
aux initiatives communautaires et dintensification de la production
avec comme exécutants les populations et leurs organisations ;
- lappui
aux initiatives de gestion des ressources naturelles (environnement,
bas-fonds) ;
- la formation
des producteurs paysans et le renforcement des infrastructures de santé
et déducation ;
- la production
de ressources propres pour la CAD et la communauté rurale ;
- les ateliers-bilans*
de lapproche* de développement local dans le département
de Mbour.
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Thème
3
La
"Coordination des Acteurs de Développement" (CAD) : 1992-19..
Mots-clés DPH
du thème : Innovation
Après
plusieurs rencontres, un " cadre de concertation " sest
créé sous le nom de : Coordination des Acteurs de Développement
(CAD). Il regroupe lensemble des 22 " structures " identifiées
dans la CR, le Conseil Rural (les autorités et techniciens étant
des membres consultatifs) et les partenaires. La CAD est gérée
par des organes de décision :
- une Assemblée
générale semestrielle ;
- un COPI
(Comité de Pilotage) ;
- un Comité
de Coordination ;
- et des
commissions techniques : comité de Gestion, comité de
Suivi et Contrôle, comité de Crédit et comité
de Formation et dInformation.
Les difficultés
:
Depuis sa
création, la CAD a connu plusieurs difficultés parmi lesquelles
nous pouvons retenir :
- la fragilité
des comités villageois de la CAD (un par village) reste grande,
par manque de formation des responsables villageois sy retrouvant ;
- des moments
de forte tension entre acteurs ont beaucoup retardés les activités
du cadre, états dâmes dépassés au fur
et à mesure que les acteurs shabituent, sacceptent
et cheminent dans un processus démocratique de participation,
de contribution mais aussi de perception de lautre comme étant
capable dapporter des améliorations. Ces différences
de visions et dapproches étaient souvent à lorigine
de blocages qui parfois durent un à deux mois, le temps de faire
tomber les tensions plus fréquentes chez les responsables et
élus qui croyaient que leur pouvoir était en voie dêtre
pris par la CAD.
- Le montage
complexe des partenariats du programme na pas facilité
les mobilisations des moyens financiers.
Les cofinancements
du Ministère français de la Coopération (et de
LA CEE) nétait effectifs que sur demande de la commune
de Romilly auprès du Ministère qui à son tour demandait
le cofinancement de la C.E.E. Nos tensions internes étaient transmises
aux "Amis de Fissel" à Romilly (F) et ont constitué des
motifs de refus de paiement.
- La lourdeur
de la gestion na pas facilité la réalisation du
PLD. La méthode de gestion nétait pas maîtrisée
par les acteurs exécutants qui navaient reçu aucune
formation adéquate. De plus, elle nétait pas cohérente
avec notre organisation. Cela fut à lorigine de beaucoup
de conflits, de tensions et de blocages, chacun croyant dêtre
exclu.
- Lincertitude
sur le respect (des engagements financiers) par les partenaires et bailleurs
a toujours été un facteur limitant. Les moyens reçus
étaient vite affectés à des investissements dont
la justification prenait souvent du retard. Parfois des factures ou
pièces justificatives étaient rejetées par le comptable
chargé du suivi du programme sans assez dexplications,
bloquant alors le processus de décaissement.
- Les frais
de fonctionnement navaient pas été pris en compte
dans le programme. Ils étaient assurés difficilement par
le Conseil rural et les organisations membres ; ceci se répercute
sur le dispositif technique des comités de suivi et de coordination,
un défaut qui créait encore quelques tensions entre les
leaders.
- Plusieurs
ONG intervenant dans la zone ont continué à faire fi des
initiatives de concertation des populations.
Les réussites
:
- La plus
importante : dès 1993, mettre ensemble dans un même cadre
les techniciens de l'administration, les élus locaux et les organisations
paysannes. On est arrivé à un comportement d'acceptation
mutuelle.
- La transparence*
dans la gestion des biens publics dont les apports d'aide gérés
par beaucoup d'intervenants différents.
- Une dynamique
forte au sein des villages.
- Une bonne
image vis-à-vis des partenaires étrangers.
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Thème
4
Le
deuxième Plan de Développement Local (PLD : 1999-2001)
Mots-clés DPH
du thème : Evaluation
/ Planification
Pour l'élaborer
en 1998, des réunions sont tenues dans tous les villages et des
rencontres sont effectuées avec les organisations membres de la
CAD et avec les catégories socio-professionnelles.
Durant ces
réflexions et concertations, les animateurs ont recensé
toutes les ambitions des structures membres de la CAD et celles du Conseil
Rural sur une période de 3 ans voire les années 1999 à
2001.
De juillet
à octobre 1998, la dynamique de concertation a bénéficié
dun appui financier de la Fondation de France à l'occasion
d'une auto-évaluation assistée dont les résultats
ont fortement marqué le nouveau PLD.
Le montage
technique du document du PLD actuel a été orienté
par le CIEPAC et réalisé par les compétences internes
de la CAD.
Il est structuré
comme suit : pour un coût global de 2.826.321.600 en 3 ans,
la Communauté Rurale participe avec 44.657.500 et 121.768.670 dapports
propres.
Donc, la
participation de la Communauté (en plus de l'investissement humain)
du PLD est de 166.426.170 F. CFA soit 5,8%.
Le plan se
réalise actuellement (1999) avec la participation de plusieurs
partenaires et bailleurs pour les réalisations suivantes :
- une nouvelle
maison communautaire est construite ;
- la construction
de la piste Fissel-Ndondol est en cours ;
- 7 salles
de classes sont déjà construites et 15 autres sont programmées
en 2000 ;
- des engagements
sont pris par divers partenaires pour les investissements en matière
de santé ;
- lUNICEF
sengage également pour léducation ;
- le PADEL
pour léquipement du Conseil Rural et la formation des conseillers.
Plusieurs
organisations (OP et OA) de Fissel collaborent avec leurs partenaires
traditionnels et sont avancés dans la réalisation de leurs
programmes. Cependant, dautres projets nont pas encore trouvé
de partenaires ou bailleurs pour réaliser leurs vux.
Les efforts
actuels au niveau de la Communauté rurale sont concentrés
sur deux points :
- a/ comment
faire pour harmoniser ou démarrer une réelle Concertation
entre ces différents intervenants ?
- b/ où
trouver les financements complémentaires pour la réalisation
du PLD ?
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Thème
5
Conclusions
personnelles
Mots-clés DPH
du thème : Suivi
Controle
- " Le
développement local " est une dynamique qui nécessite,
pendant des années, beaucoup dimplication, de courage,
de volonté de concertation et de négociation. Cette dynamique,
pour qu'elle soit crédible, doit disposer de moyens et pour cela :
- partir
des moyens locaux des villages et des ressources propres de la CR
pour démarrer la mise en uvre du PLD ;
- ensuite
utiliser des crédits remboursables (fonds de crédit
communautaire pour les activités de production) et bien les
gérer ;
- et réserver
les subventions d'aide extérieure pour les investissements
durables.
- La décentralisation
de l'Etat ne crée pas nécessairement le développement
local. Elle peut le favoriser et lamplifier si tous les acteurs
internes et externes acceptent la concertation si tous les acteurs internes
et externes acceptent la concertation et laction planifiée
vers des objectifs partagés et consensuels.
Il est
désolant de voir chaque intervenant créer à chaque
fois ses propres outils et institutions sans tenir compte de lexistant.
Par exemple, le PSAOP (Programme des Services Agricoles et des Organisations
de producteurs), au lieu de composer, dans la communauté rurale
de Fissel, son propre CLCOP (Cadre Local de Concertation des Organisations
de Producteurs) devrait venir en renforcement des cadres locaux déjà
créés dans le département de Mbour et particulièrement
à Fissel (CAD) et non pas exiger une structure nouvelle !
Le développement
local nest pas du prêt-à-porter*. Il est nécessaire
de repérer et dencourager les initiatives locales de coordination.
- Pour devenir
des interlocuteurs forts, il est absolument nécessaire quil
y ait des alliances au niveau départemental et régional
entre les divers Cadres de Concertation Communaux et communautaires
du même département (et région), face au Conseil
Régional et à lEtat. Ainsi, aujourdhui le
Cadre départemental de Concertation des acteurs de développement
local du département de Mbour est linterlocuteur de ladministration
régionale et au Conseil Régional de Thiès.
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