| Changer
l'Aide, c'est notre affaire à Tous Sommaire / Descriptif / Les fiches DPH |
||
|
Serie
C : Maîtriser l'aide pour arriver à nous en passer
|
||
|
Informer les acteurs du développement local sur l'évolution des opinions et des méthodes d'aide des bailleurs de fonds face à la multiplication des intervenants. Thèmes
Mots-clés
DPH: .
Principales
critiques émises par des acteurs du développement local
sur les intermédiaires et les procédures des bailleurs de
fonds
Ce que disent des Organisations Paysannes (OP) : Pourquoi est-il nécessaire que notre association passe par un intermédiaire du Nord pour obtenir une aide de lUnion européenne ? Quapporte-t-il ? Les gens des ONG sont là pour défendre leurs intérêts ; pas pour nous défendre. Parce que tant que les paysans sont incapables, les ONG ont leur place. Mais quand les paysans arrivent vraiment à prendre leurs responsabilités, petit à petit ces intermédiaires nont plus leur place. Joseph Sene Les initiatives sont nombreuses de création dONG souhaitant faire de " lintermédiation " entre les bailleurs de fonds et les OPR (Organisations Paysannes et Rurales), ce qui fait dire à certains paysans que : " tout le monde veut se faire de largent sur le dos des groupements ". Lintermédiation par les ONG est perçue surtout au Cameroun comme une autre façon de déresponsabiliser certaines OPR : " pourquoi les bailleurs laissent leur argent dans les mains des ONG? ", disent les responsables paysans. Un contact plus direct est plus que souhaité. Groupe AOMR d'Inter-Réseaux Les bailleurs de fonds doivent séchanger entre eux les informations sur les intermédiaires pour éviter le double emploi et la concurrence. Terre Solidaire La vraie programmation du développement local nest pas dans les agences d'aide, elle est dans le territoire organisé par les villageois. On ne peut pas empêcher les aides dintervenir dans notre zone, mais il faut les obliger à sasseoir avec nous, à nous écouter, à négocier avec nous. Pape Maïssa Fall Ce que disent des Organismes dAppui (OA) : Eviter lapproche-projet (" voici notre projet ", disent certains OA) qui induira les OP en relation exclusive, soit parce quon aura suscité la création de ces OP, soit parce quelles seront en situation de dépendance. A linverse, lapproche-partenaire dOP (" quel est votre projet ? " disent d'autres OA) est beaucoup moins fermée et peut provoquer lassociation dacteurs du développement local quand lOP a linitiative. Didier Burgun Les procédures et les instruments de laide ont généralement comme objet de créer des circuits étanches* de diverses natures - décisionnels, financiers, informationnels - qui permettent au donateur de contrôler très étroitement ses actions, mais qui généralement court-circuitent* les procédures administratives des collectivités bénéficiaires. Laide concourt ainsi à handicaper la cohésion et la capacité institutionnelle du Sahel. David Naudet Les "fonds communs"* ou le cofinancement à plusieurs agences de programmes soulèvent de multiples problèmes de procédures, dindividualisation des résultats et même didentité pour les donateurs. Ces problèmes ne doivent pas être minimisés mais au contraire envisagés de face. David Naudet Les caractéristiques de laide internationale sont :
Inter-Réseaux Retour
Les
bailleurs de fonds publics peuvent-ils élargir leur choix dacteurs
?
L'évolution en cours : Dans une logique dintérêts partagés pour le développement local, il convient de favoriser larticulation entre tous les acteurs habituels (OP, entreprises de services, commerçants, petites entreprises de transformation agro-alimentaire), mais aussi avec les systèmes financiers décentralisés (ex : banques populaires) et enfin avec les services publics déconcentrés et la collectivité locale là où la décentralisation de ladministration est effective. Michel Pernot du Breuil Au niveau recherche de financement, il y a aussi une bonne évolution. Auparavant, les structures d'appui (OA) jouaient le rôle de relais pour aider les structures de base (OP) à avoir des financements. Maintenant, les structures de base elles-mêmes ont les capacités pour négocier directement les financements auprès de partenaires qu'elles ont identifiés. Cet accès direct favorise un peu la transparence dans la gestion. Aujourd'hui, les responsables paysans savent parler et négocient correctement. La compréhension avec les partenaires est facilitée parce que les 2 parties sont ainsi proches les unes des autres. Cela permet de bien définir les principes, les règles de collaboration. El Hadj Ndong Façons de faire : De temps en temps, pratiquer (entre bailleurs, ONG, OP) de larges concertations à léchelle locale. André Marty Reconnaître légitimes les "cadres de concertation" des acteurs locaux et les appuyer financièrement pour qu'ils deviennent efficaces et crédibles dans la poursuite de leurs missions. Sara Diouf Ne pas compter
seulement sur la société civile* ou seulement sur l'Etat,
il faut un juste milieu et aider des deux côtés. Il convient
de ne pas les opposer et de promouvoir des lieux de négociation.
Inter-Réseaux/AOMR Un débat entre responsables d'ONG et gestionnaires d'aide publique : F : "Pour une ONG, il convient de choisir son camp, dans notre cas nous avons choisi de renverser le rapport de force au profit des OP. Il nous faut admettre notre rôle d'innovateur. Nous voyons bien qu'il est efficace si nous regardons seulement les sujets des deux derniers sommets de la Banque Mondiale : l'un sur le micro-crédit et l'autre sur les OP. Or, qui a été avant-gardiste en ces deux domaines ? J : L'appui aux OP, l'appui à l'Etat : faut-il qu'une agence d'aide choisisse l'un des deux camps ? X : Choisir son camp n'est pas facile pour une coopération publique. Par exemple, faut-il en même temps appuyer les syndicats cotonniers paysans et de l'autre appuyer la société cotonnière ? Cependant, il me semble qu'existe un consensus sur le retrait de l'Etat, le changement de mode de travail de l'encadrement et le renforcement des rôles des OP. X : D'autre part, pour discuter effectivement des politiques de développement rural, il faut savoir s'il y a du grain à moudre, c'est à dire s'il y a des marges de manuvre. Or, aujourd'hui les politiques sont soumises aux normes* internationales et cette soumission est tout à fait opposée à l'élaboration de politiques résultant de compromis internes à chaque société. Y : Enfin, les bailleurs de fonds sont partout aujourd'hui "dans le débat" au niveau des compromis internes à chaque société rurale comme au niveau international et au niveau national". (Club du Sahel, juillet 1999, Paris) Retour
Limites
de l'appui au mouvement paysan par des bailleurs de fonds publics
Un débat entre dirigeants paysans africains (P) et gestionnaires d'aide publique (A) : A : " Comment appuyer les mouvements paysans sans créer trop d'effets pervers ? P : Il faut appuyer les capacités de négociation des OP grâce à la mise en place de lieux de concertation. P : Il faut devenir pluraliste*. Par exemple la Banque Mondiale organise une grande réunion avec la FIPA (Fédération Internationale des Producteurs Agricoles). Mais les mouvements paysans dans le monde, ce nest pas seulement la FIPA : il y a dautres organisations paysannes mondiales quil fallait intéresser. A : Les conclusions d'une recherche récente sur lappui aux OP sont celles-ci:
P : La situation actuelle, je la résume en deux mots : fragilité, confusion. Fragilité parce que les OP sont encore faibles. Il sagit de les renforcer en particulier au niveau intermédiaire (Unions, Fédérations). Confusion car quest-ce que je vois au Burkina Faso, où sont les centres de décision finaux et ceux-ci tiennent-ils compte de ce qui existe ? Les cadres de concertation et autres comités de pilotage organisés par l'Etat et les agences d'aide invitent des responsables paysans, mais cela ressemble plutôt à des sortes de capturation; alors nous nous sentons comme David devant Goliath et nous nous replions. P : Lappui direct aux OP ne doit pas supprimer l'appui aux agents de lEtat sinon ceux-ci vont rechigner à nous donner largent des bailleurs. Il faut que vous agissiez et vous donniez en direct des deux côtés : dune part aux OP, dautre part à lEtat. A : D'autre part, les OP doivent éviter lingérence de lEtat, celle des organisations inter-gouvernementales et celle des bailleurs de fonds. Peut-être peuvent-elles accepter de se voir accompagnées ? " (Club du Sahel, juillet 1999, Paris) Retour
Comment
coordonner et/ou limiter le nombre des intermédiaires ?
Façons de faire : Il faut éviter les intermédiaires. ASET Les bailleurs doivent alléger la fonction de lintermédiation des ONG, qui souvent se positionnent comme indispensables devant les OP et populations. Sara Diouf Parvenir à une véritable politique de décentralisation avec un renforcement des capacités des collectivités locales. Dapaong Les paysans ne connaissent généralement que les projets et les ONG. Il importe quils apprennent les montages* réels de laide (les agences doivent annoncer publiquement leur stratégie et leur méthodologie). André Marty Développer la concertation et la négociation et, aussitôt après, expérimenter des formules de coordination avec le souci de les évaluer sérieusement. André Marty Les difficultés de coordination existent à deux niveaux : entre les bailleurs de fonds et des Etats vers les bailleurs. Il faut faire aller de pair ces deux niveaux. Pour cela, il faut des plans de développement et que laide sinscrive là-dedans. Sinon il va y avoir un partage du territoire entre les différents bailleurs. Inter-Réseaux/AOMR Débat entre gestionnaires d'aide publique : X : "La coordination nest possible que si on examine plusieurs niveaux à la fois, car il faut assurer en même temps :
Y : La qualité de la coordination tend à dépendre désormais des agents des aides sur place, car le système d'aide se décentralise. P : Mais sur le terrain, ces agents de laide ont chacun des cahiers de charge épais et sont occupés à 100%. Certains de nos agents sur place ne viennent même pas aux sessions nationales de coordination organisées par différents partenaires. Et quand il y a coordination, les agences sintéressent dabord à une coordination verticale qui nest pas aussi utile quune coordination horizontale et nationale; par exemple la délégation de l'Union Européenne dit : "Comment coordonner nos ONG (celles qu'elle cofinance) ?" M : 50% de linefficacité de tout cela vient de nous, agences d'aide, car nous sommes enfermés dans un système contraignant qui est devenu de plus en plus déterminé par notre offre d'aide. On dit : négocier ? Mais est-ce que notre agent là-bas a assez de liberté, de " mou ", pour établir avec dautres un compromis ? Il faut ouvrir le carcan et trouver des mécanismes positifs dincitation à la négociation au lieu de multiplier les corsets qui empêchent linitiative et consomment notre temps. Dautant plus que tout le système est bâti sur lidée de contrôle d'autrui alors quil est devenu en lui même incontrôlable". (Club du Sahel, juillet 1999, Paris) Retour
Adapter
les procédures pour permettre la maîtrise locale des ressources
du développement
Le constat d'une évolution : L'évolution centrale, ces dernières années, est la disparition pour les grandes OP des financements-par-projet. A un certain moment, l'idée de "fonds de programme" a été développée. Les fonds de programme permettent d'entretenir des relations beaucoup plus durables avec les bailleurs de fonds au contraire de ce qui se passait au temps des interventions et des financements par projet. Un projet, on le finance, la réalisation dure un laps de temps déterminé ou parfois moins ! et les relations avec le partenaire généralement s'arrêtent là. Maintenant avec les programmes, les deux partenaires ont des intérêts communs à moyen terme et sont tenus de réfléchir et de développer les stratégies pour évoluer ensemble et progresser. El Hadj Ndong Les propositions des OP : Chercher à financer directement les OP expérimentées et que les bailleurs descendent sur le terrain. Bedogo Former les OP et négocier en direct avec elles. Bedogo Financer un fonds local de développement cogéré par les bénéficiaires et l'OA. Financer
tout ce qui favorise la concertation, dans les court et long termes, au
niveau d'une même zone. Sara Diouf Les propositions de gestionnaires d'aide publique :
(Club du Sahel, juillet 1999, Paris) Retour
|
||
|
GRAD France,
228 rue du Manet, 74130 Bonneville (France) GRAD Suisse,
CP 5833, 1211 Genève 11 (Suisse), |
||