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Série
D : Appui aux Organisations Paysannes Débutantes |
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D2 - Négocier avec un partenaire qui nous propose son propre programme Un organisme d'appui propose à une organisation paysanne son propre programme. Dans ce cas, comment les membres font-ils pour négocier sans perdre de vue leurs objectifs à eux? Thèmes:
Mots clés
DPH du livret:
Un partenaire*nous propose de "rentrer" dans son programme Mots-clés DPH du thème : Forme D'aide
" Des ONG viennent proposer leurs programmes. Nous ne voyons pas ce qui nous intéresse là-dedans. Par contre, voilà nos priorités à nous ; ce sont celles-ci quil sagit de faire entrer dans leur programme ! " Mamadou Cissoko Les habitudes des Organismes dappui : Le chef de projet* dune agence étrangère nous a dit : " Pour les caisses épargne-crédit nous ne donnons pas dinvestissements*, mais on accepte de financer 20 millions pour des visites, des études, etc. Pour la construction des locaux des caisses, (cela coûtait moins d1 million) ils ne voulaient pas payer !!! Et pour le maraîchage, ils ont formé des planificateurs, construit un point dinformation (sur les prix du marché) pour les producteurs et les vendeurs. mais ils nont pas fourni de crédits pour que nos membres puissent sy mettre (grillages, puits, etc.). Pascal Mane Je connais des projets où laide extérieure " connaît mieux " que le bénéficiaire lui-même ! Laide arrive avec un plan* défini, alors que la population a un autre besoin. Comment arriver à tenir compte de ces besoins-là sils nont pas été définis à la base ? Il y a plein de programmes d'aide où cest pratiquement impossible. Félicité Traoré Façons de faire : Si lappuyeur a un programme* propre à placer au sein dune OPD il est très important quil puisse écouter celle-ci et la croire, car cest lOPD qui maîtrise le milieu. Il doit, à partir de cette écoute, procéder à lanalyse de son programme et laméliorer sil le faut. Noyau Bedogo. Le programme de lappuyeur devrait être revu pour cadrer avec les objectifs de lOPD. Noyau ASET Une difficulté : les villageois disent trop souvent : " Oui " : Chaque fois que quelquun de ladministration ou dun projet est venu pour travailler avec ces villages-là, les gens ne lui donnent pas leurs idées. Ils attendent quon leur propose. Un projet vient pour acheter du sel ou bien pour installer une petite entreprise et les gens disent (cest la facilité) : " Laissons-les faire ". Tous les chargés de programmes des OA disent aux gens ce quil faut faire. Les gens sont habitués à cela. Laide extérieure arrive avec ce quelle veut faire. Des ONG viennent dans un village et disent quil faut former un groupement de femmes, dadultes et un groupement de jeunes et ils partent de cela. Ils viennent dans les villages pour dire : " On va mettre en place une parcelle avec des haies ". Donc ils ont déjà leur schéma*. Pape Maïssa Fall Retour
Cas
dune négociation réussie qui arrive à satisfaire
le programme de lOA tout en épaulant les fonctions* de lOP
Ndiakhaté FALL, Secrétaire Général de l'UGPM (Union des Groupements Paysans de Meckhe, Sénégal) explique comment cette Union appuie les nouveaux groupements par un programme "moutons" organisé par elle : "Quand un ou plusieurs groupements font des demandes d'adhésion au niveau de l'UGPM, notre décision de les accueillir n'est pas quelque chose d'automatique. Il faut d'abord organiser un accompagnement pour voir le niveau du groupement, sa capacité de gestion et de quel type d'appui le groupement a besoin. On descend au niveau des villages pour discuter avec eux et leur expliquer les objectifs de l'UGPM : qu'est-ce qu'elle est et ce qu'elle fait. Cela permet au groupement de réfléchir : "nous, est-ce qu'on est prêts à être membres de l'UGPM ?". Quand tout cela est fait on informe le conseil d'administration : tel groupement a fait une demande, on est allé le voir et on a discuté avec lui. Alors le conseil propose au groupement de l'appuyer un tout petit peu et l'invite à participer à des réunions de l'UGPM pour qu'il comprenne mieux son fonctionnement et ses activités. Pour l'appuyer, on va utiliser le cadre et les ressources de l'un de nos programmes, par exemple le programme "Moutons". On propose aux nouveaux groupements de leur faire un prêt pour l'élevage du petit bétail. On discute avec chacun d'eux. Des groupements nous ont dit : "on préfère rembourser en nature". Nous leur disons : "si on vous donne une femelle, si elle met bas, vous rembourserez le petit" et le petit sera affecté à une autre personne. Il y a des groupements qui ont dit : "nous on va rembourser en argent", on discute pour adopter leur idée et la rendre compatible* avec la façon dont notre programme est géré. Par exemple, on dit : "la première année tu rembourses 50%, la deuxième tu rembourses 50%. Cela va permettre dès la première année si tu avais 20 sujets d'acheter 10 nouveaux sujets, l'autre année on va acheter 10 nouveaux donc ça fera 40 et parmi ces 40 il y aura des mises bas. Ensuite, l'accord étant réalisé, ce qui nous intéresse c'est de venir les visiter constamment. On va voir si leur stratégie (pour augmenter le cheptel) est bien maîtrisée par leurs membres : est-ce que les gens comprennent, acceptent et gèrent tout ça ? C'est une réflexion sur les décisions qu'ils ont prises. Entre-temps on leur a donné l'appui. En quelque sorte c'est une évaluation. On vient voir quel est le nombre de sujets, le nombre de mises bas, les femelles, les mâles. C'est un suivi concerté à deux niveaux : niveau village et niveau groupement, parce que quand un groupement mène une activité il faut que cette activité ait un responsable d'activité au niveau du village. Si un village a besoin d'être formé dans tel ou tel domaine ou bien de voir telle ou telle chose qui se passe dans un autre village, on peut organiser des visites d'échanges. Le village de Ndiaye-Lac - qui n'était pas encore membre de l'UGPM mais avait reçu un appui - est venu à Risso pour voir comment là ils se sont organisés pour augmenter leur cheptel. Quand il y a des sessions de formation sur la gestion financière ils sont invités à envoyer un membre participer pour voir comment on gère. On laisse une certaine liberté dans la façon de se servir de notre programme mais en contre partie il y a un suivi, une formation et s'ils ne respectent pas cela, on leur dit qu'ils n'auront plus d'appui. Il y a des groupements qui acceptent facilement. Là où il y a problème, c'est là où l'information ne passe pas. Par exemple dans un village où le groupement est constitué de 50 personnes et que parmi elles des gens sont (pendant la saison sèche) dans les villes où ils n'ont pas d'information. Quand ceux-là rentrent et qu'ils voient que les gens sont en train de faire des activités nouvelles, ils disent qu'eux aussi doivent bénéficier de ces activités. Et les difficultés commencent." (Ndiakhaté FALL, interviewé par Bernard LECOMTE en juin 2001)
Quapporter
à la table de négociation ?
Prévoir ce que notre OP apportera comme moyens : " Si tu ne connais pas le décédé, sa mort ne te dit rien " (si ce nest pas ton argent, ta réalisation ou si tu ne tappropries pas le travail par la gestion, tu nes pas vraiment impliqué dans la réussite du projet). Baba Ouedraogo Choisir par où commencer à agir avec lOA : Souvent, il y a précipitation. Le pêcheur se précipite pour prendre son épervier (un filet quon lance et déploie depuis la pirogue) : il na pas vu quil ne tient pas le bout qui commande lensemble. Il a vu les poissons séchapper. Si tu ne commences pas par le bon bout, cela ne peut pas marcher. Pape Maissa Fall Un cas : Une grosse structure* daide étrangère veut aménager les vallées. Elle veut faire des barrages. Mais elle na pas réfléchi au chemin pour aller au lieu du barrage. Il ny a pas de moyens disponibles dans la zone. Dautres (des femmes du coin) ont fait petit à petit ces premiers pas. Si elles continuent, elles seront fortes pour faire elles-mêmes le barrage. En allant, il y a un cours deau qui barre la route. On a organisé une visite détude. Les femmes ont appris à faire une digue, ce qui constitue un pas vers un grand barrage. Elles ont fait appel à un autre groupe et leurs deux groupes ont travaillé par leurs propres moyens. Pape Maïssa Fall Apporter la preuve que notre OP est forte : Les OA partent souvent des déficits* de lOP, parce que cela les valorise, eux. Alors quil faut partir de ses ressources. On ne peut épauler une OP en dehors de ce quil y a dedans et autour, dans le milieu. Rencontre Ségou Il faut voir si vraiment lOP a une base (mais un groupement peut aussi être constitué de 3 ou 4 personnes). Il faut sassurer quelle existe réellement et voir ses réalisations. Il faut voir le concret. Rencontre Ségou
Que
demander à lOA durant la négociation ?
Dabord de rentrer en relation vraie avec nous : LOA doit permettre aux OPD davoir des outils de négociation ; il doit leur donner des éléments dappréciation de son programme, et lui fournir des informations sur le programme qui est proposé pour que les OPD décident. Noyau ASET Mettre laccent sur le suivi, la formation, la sensibilisation et lévolution. En prévoyant, par exemple, un volet de formation en gestion des membres de lOPD et des intermédiaires*. Noyau Ouahigouya Et ensuite quelle soit attentive aux points suivants : Respecter les responsabilités des intéressés. Viser lautonomie, linformation des membres de lOP et leur formation à partir des besoins émis par lOPD. Noyau Tchamba Intensifier les formations et les visites déchanges aux OPD plus expérimentées pour avoir des connaissances supplémentaires. Noyau Bédogo Et lOP pourrait aussi : Demander au bailleur de fonds* de nous donner la liste de ses préférences et des projets déjà réussis ailleurs. Noyau Terre Solidaire Obtenir des rapports dautres actions aidées par lui. Connaître ceux quil a déjà aidés. Noyau Terre Solidaire
Difficultés
possibles lors de la négociation
Difficultés pour se répartir les tâches entre OP et OA : Certaines actions ne sont pas des actions qui doivent être réalisées par des ONG : lanimation, lalphabétisation, le fait de permettre aux associations de sorganiser, etc. ; cela est le domaine des OP. Par contre, les spécialisations techniques sont plutôt du domaine des ONG mais le but est de permettre que les associations paysannes deviennent capables de les relayer, tout en sachant que chaque pas positif dans un domaine technique pose de suite dautres problèmes. Mamadou Cissokho Difficultés pour ne pas céder : Quand lOA toblige à négocier au niveau des villages, tu risques que les villageois acceptent tout. Noyau Thiés Les OP doivent avoir le courage de rejeter les pressions émanant des intermédiaires* et des donateurs*. Cest à ce seul prix que les OPD peuvent réussir. Noyau APCD Les difficultés pour sentendre sur la fixation du rythme : Il y a souvent des difficultés entre les ONG et les mouvements paysans à cause de leur manière dopérer. Par exemple, lONG te dira que pour un programme elle a un budget pour 12 mois et il faut quelle exécute son programme en 12 mois, même si elle sait quil faudra deux saisons sèches pour réussir ! Mamadou Cissokho Et parfois on refusera laide proposée : " Une fois, nous avons refusé un partenaire qui était venu à lEntente. Nous avons montré à leur représentante nos objectifs, nos défis. Elle a dit : " je veux que vous travailliez comme ceci, comme cela ". Elle nous a mis en place un chemin. Mais les membres de lEntente ont vu que ce chemin-là ne pourrait pas aller loin. Alors, après discussion, ils ont refusé de travailler avec cette ONG ". Ndeye Top Les OP ont le devoir ou le choix de refuser un appui dont les conditions ne les intéressent pas. Ceci leur confère de la dignité. Noyau Terre Solidaire
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GRAD France,
228 rue du Manet, 74130 Bonneville (France) GRAD Suisse,
CP 5833, 1211 Genève 11 (Suisse), |
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