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Série
D : Appui aux Organisations Paysannes Débutantes |
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D3 - Négocier un premier appui à nos propres projets Comment les membres d'une organisation paysanne négocient-ils avec un organisme d'appui qui accepte d'appuyer les activités choisies par eux. Thèmes: Thème
1 : Des jeunes, nouveaux boulangers, négocient un crédit Mots
clés DPH du livret:
Des jeunes,
nouveaux boulangers, négocient un crédit
Baba Ouedraogo, Président de l'ASSY (Association pour la Survie dans le Sahel au Yatenga) au Burkina Faso, témoigne : "Un crédit que nous avons recherché est celui pour une boulangerie avec des jeunes. On a cherché 3 millions CFA. On est allé voir la Caisse Populaire. Elle nous a dit : "Je peux vous financer, mais c'est à rembourser en 10 mois". En 10 mois c'était impossible. Ils ont dit : "OK pour 15 mois". Mais nous avons encore réfléchi et nous avons vu que c'était trop court. On a renégocié, on voulait 2 millions pour 18 mois. Ils n'ont pas été d'accord et nous avons laissé tomber. Et on a négocié alors avec le Fonds* de Fixation des Jeunes qui, lui, nous a prêté 2.250.000 CFA (22.500 FF) pour 24 mois. Le FFJ est un fonds financé par l'Union Européenne et géré par l'Etat. On a élaboré* un projet qu'on a ensuite soumis et repris 4 ou 5 fois ! Notre parrain, le PAE (Projet Agro-Ecologique) fait partie de la commission d'octroi*. On lui a envoyé la demande au début. Il l'a trouvé trop élevée, on l'a refaite. Il me dit alors que " non ", que la " stratégie* de pénétration du marché* " n'est pas assez développée. Il propose autre chose. On reprend le projet une 3ème fois. On observe les boulangeries qui sont en place pour savoir ce qu'elles produisent par jour, s'il manque du pain à Ouahigouya, etc. On a pu fixer combien de pains on espérait vendre. On sest rendu compte qu'il fallait prendre (et puis conserver) une part du marché du pain qui était déjà occupé par dautres commerçants. Donc, à ce moment-là, il fallait réfléchir à des idées d'abonnement d'achats, trouver comment on pouvait avoir des clients fidèles. Nous avons prévu de le faire à partir d'un système de pourcentage sur le nombre de pains que tu achètes dans le mois. Comme ça, le revendeur est intéressé à activer. C'était tout nouveau cela à Ouahigouya. Ces idées ne sont pas venues toutes seules, j'ai contacté une boulangerie industrielle à Ouaga. C'est eux qui nous ont donné cette idée de pourcentage. Et puis on a calculé que c'était une boulangerie semi-industrielle, qu'on consommerait moins d'électricité, qu'on pouvait baisser un peu le prix du pain. On est reparti avec ce 3ème projet voir le parrain qui a donné son avis favorable et alors il a soumis le projet au Fonds. On a reçu une convocation pour une séance collective de négociation. Chaque promoteur d'un projet vient avec 3 ou 4 personnes ; de son côté, la commission fait 12 personnes : agriculteurs, forestiers, techniciens, éleveurs, économistes, toutes sortes de gens. Plusieurs groupes sont là autour de leur promoteur. Il est accordé un temps à chaque promoteur pour défendre son projet. Le projet a déjà été photocopié pour tous les membres de la commission et chacun d'eux pose des questions au promoteur. Quelqu'un insiste sur l'écoulement : évidemment, c'était lié au remboursement. "Pourquoi n'avez-vous pas mis cette boulangerie à Gourcy" a dit un autre. On a répondu qu'on ne connaissait pas ce milieu, qu'il faut connaître les traditions des gens, etc. Après les questions, ils nous disent : "On peut vous donner seulement 2.250.000". "Ah, disons-nous, c'est à réfléchir. Nous avions demandé 3 millions ; nous allons étudier si 2,25 c'est suffisant". On est reparti encore une fois. On a refait le budget*. On avait pensé disposer de 50 sacs de farine à 60 kg ce qui nous permettait d'avoir une provision pour un mois. Si on la prenait seulement pour 1 semaine, on pouvait descendre de 750.000 CFA. On a ramené le budget à 2.250.000 CFA. On l'a ensuite présenté (notre 4ème projet !) et on a tout de suite reçu le financement, sans problème. Une semaine après, on avait le chèque. Cependant, ils ont exigé qu'on ouvre un compte spécial. Ce compte est signé par 3 personnes. C'était une démarche un peu lente mais dynamique et cela nous a bien intéressé d'améliorer notre projet. C'était une bonne chose. J'ai beaucoup apprécié cela". Interview de M. Baba Ouedraogo par Christophe Vadon à Ouahigouya en mars 1998 (Fiche 193)
Nous avons
notre idée et quelquun qui veut nous aider
Que faire de notre côté ? Il faut une base solide. Il faut aussi les éléments suivants : un diagnostic, une formation, des outils de gestion et de suivi. Issa Amadou
Un exemple : Lidée est venue des femmes dun village lors dune réunion de leur BIA (Bureau Intermédiaire de lAssociation ASSY). Une femme a dit " filer le coton, cétait dans le temps notre activité et aujourdhui on est là les bras croisés ". On a étudié dabord lidée en se demandant pourquoi cette activité avait tendance à disparaître. Cest de là que nous sommes partis pour contacter les marchands de bandes tissées et pour essayer de faire un petit compte dexploitation prévisionnel*. On sest rendu compte que les femmes en voulaient et que cela leur rapporterait un petit bénéfice. Et les commerçants étaient intéressés à ne plus envoyer dans les villages profonds des acheteurs mais davoir quelquun en face deux qui soit capable de leur sortir 10 tonnes de tissus par mois. On a eu une aide sous la forme dun crédit pour 84 femmes. Avec cela, les familles achètent du coton, les femmes filent, les maris tissent. Ce sera vendu sous forme de bandes tissées et à ce moment-là, on pourra rembourser le crédit. Baba Ouedraogo
" Sadosser à une activité connue, pratiquée et rentable " Noyau Ouahigouya Que faire envers celui qui pourrait nous aider ? Les OP doivent chercher dabord à connaître le partenaire (un donateur, une OA, etc.). Noyau APCD L'OP doit rédiger une correspondance à une OA (ou à un donateur) en mentionnant ses besoins. Ce dernier doit alors :
Noyau Tchamba Retour
Quapporter
à la table de négociation ?
Ce que proposent les OP : Il sagit de concevoir un projet en fonction de ses capacités, en comptant dabord sur ses propres forces. Que lOPD sassure de la portée de ses objectifs et les défende en toutes causes. Noyau Ouahigouya Dans notre association, le projet est fait en fonction de la demande des groupements. Parce quavant de négocier un projet, lassociation fait une " tournée délaboration du projet ", cest à dire, on passe dans les groupements, on se renseigne sur les problèmes, les besoins et les propositions de solution. A partir de ce relevé des besoins lassociation élabore un projet. Une fois que le projet est élaboré, on lenvoie à un bailleur. Si le projet est financé, il suffit seulement de regarder sur le cahier des demandes des groupements, pour savoir à qui remettre laide reçue. Pascal Mané
Lappuyeur doit aller voir le terrain et connaître celui quil veut aider. Noyau Terre Solidaire Ce que proposent les OA : LOPD doit avoir des objectifs clairs et réalistes ; savoir ce quelle veut résoudre comme problème. Noyau Tchamba Valoriser les expériences et les témoignages des uns et des autres. Jérôme Iung
LOPD fera valoir ses propres initiatives. Noyau Tchamba Retour
Un début prudent construit une relation plus sûre Mots clés DPH du thème : Apprentissage / Connaissance Mutuelle
Demba Keita, coordinateur des programmes de l'APRAN (Association pour la Promotion Rurale de l'Arrondissement de Nyassia) décrit quatre années de coopération entre l'APRAN et Pain pour le Monde (PpM) : "En 1992, on a réfléchi à ce qui pourrait permettre à l'union de relancer ses activités. On a monté un petit dossier qui tournait autour de trois millions CFA. Il a été soumis à Pain pour le Monde, une ONG allemande, à travers son consultant à Dakar. On y était en mission et on en a profité pour le rencontrer. A l'issue de cette discussion, on a commencé à travailler ensemble. Il fallait commencer petit pour qu'on puisse se connaître mutuellement. Nous n'avions jamais travaillé avec PpM. La stratégie qu'on a adoptée ensemble était de travailler sur ce petit dossier et de le suivre pour voir ce que cela donne. Nous avons exécuté ce petit projet et, à la fin, on a obtenu un 2ème financement qui était un peu plus costaud : de trois millions, on est arrivé à 9 millions. Celui-ci nous a permis, entre autres choses, de mettre quelques boutiques de consommation dans les villages dans le souci de désenclaver ceux qui étaient un peu reculés de la capitale régionale (Ziguinchor). Pendant ce temps, nous avons vu que PpM n'est pas seulement quelqu'un qui veut donner de l'aide ; c'est quelqu'un qui veut donner de l'aide et en plus aider les gens à progresser et à pouvoir vraiment asseoir une dynamique avec les populations à la base. A travers ces deux petits projets, nous nous sommes renforcés au sein même de l'APRAN. On a développé un cadre de partenariat et de collaboration avec nos 25 groupements membres et cela nous a permis aussi de réfléchir avec PpM à "comment progresser ?" Après ce deuxième projet, finalement, on a négocié un programme de deux ans qui tournait autour de 24 millions. Cela nous a permis de renforcer les structures de prise de décisions et les structures d'exécution et, à côté, de mener de petites activités. C'était un pas significatif dans la construction même de notre union. Vraiment, c'est ce partenaire qui nous a poussés à sortir de notre coquille. L'allongement de la durée des engagements* a évolué en fonction de la confiance. Au début, le premier projet était juste pour tester notre collaboration et leur partenariat, pour qu'on se connaisse davantage. A partir de là, quand le partenariat s'est renforcé, on s'est dit qu'on pouvait aller peut-être au-delà et appuyer, progressivement, plusieurs activités mais pas pour une grande durée. Le succès a poussé ensuite les deux parties à mettre en place le programme biennal* qui comprenait un Centre de production, de formation et d'expérimentation. Parce qu'on ne pouvait pas réaliser plusieurs activités pendant une seule année, il fallait étaler sur deux ans. Et puis, par le programme triennal*, on a voulu vraiment résoudre plusieurs préoccupations qui ne pouvaient pas être résolues en deux ans. Il permet à l'union, après la période de renforcement et de consolidation, de se lancer dans des programmes d'investissement et d'appui au niveau des groupements de base (109 millions CFA pour les trois années). Tout cela se décide ici. Leur(s) délégué(s) viennent. Ils ne sont jamais venus avec leurs propres programmes. Pendant leur séjour, on essaye de discuter de nos préoccupations. C'est à partir de ces discussions qu'on s'accorde sur un certain nombre d'activités à réaliser et, franchement, pendant cette négociation, on n'a même pas de documents sur la table. Ensuite, on va écouter les groupements et puis on essaye de voir concrètement ce que l'on peut faire ensemble. C'est à partir de ce que l'on arrête pendant la discussion qu'on élabore un document, qu'on leur soumet par la suite. Interview de Demba Keita par Bernard Lecomte, 31 octobre 1996 Retour
Difficultés
courantes de la négociation et leurs parades
Constats faits par les OP : Le manque de compréhension mutuelle entre OPD, intermédiaires et agences donatrices* est un obstacle au bon déroulement de la négociation. Noyau Bédogo Façons de faire : Rechercher un consensus en faisant de chaque côté (OA et OP) des concessions. Et bien tenir compte des capacités réelles de chacun des deux partenaires. Noyau Terre Solidaire Constats fait par les OA : Jai lexemple dun grand bailleur de fonds qui nutilisait que la négociation " par écrit ". Pour recevoir de laide il fallait que le groupement ou lassociation réponde à un immense questionnaire : sur le village lui-même, sa situation, ses débouchés, du point de vue économique, historique, des pages et des pages. Certains groupements ont dû demander laide dun organisme de formation, pour répondre aux questions. Ils avaient besoin de formation et daide extérieure pour remplir le questionnaire pour le financeur ! Geneviève Pillet
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GRAD France,
228 rue du Manet, 74130 Bonneville (France) GRAD Suisse,
CP 5833, 1211 Genève 11 (Suisse), |
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